Économie

Espagne: l'incroyable retour à la peseta

Temps de lecture : 2 min

La Bourse de Madrid / REUTERS/Andrea Comas
La Bourse de Madrid / REUTERS/Andrea Comas

La Grèce a abandonné la zone euro, un terrible séisme financier balaye l’Irlande et le Portugal, l’Italie est sous le choc. Et l’Espagne revient à la peseta. C’est le «scénario catastrophe» imaginé par Alejandro Boleños dans El Pais, et qu'il situe en juin 2012. Quelles conséquences peuvent avoir un retour à la monnaie nationale? Différents scénarios sont evisagés: dévaluation compétitive ou parité égale entre l'euro et la peseta. Le prix d'un café sert de référence au raisonnement. 250 pesetas pour une conversion avec le taux de change de 1998, 420 pesetas avec la dévaluation et 2,5 europesetas à parité égale.

«S’il y a encore quelques années, la rupture de la zone euro était perçue comme un événement impossible, la crise de la dette publique et les capacités de réactions des leaders européens a changé la donne», précise le quotidien espagnol. Selon Le Monde, la possible sortie de la Grèce de la zone euro entraînerait un mouvement de panique bancaire comme l'explique Jésus Castillo, économiste chez Natixis:

«Chaque épargnant grec préférant retirer son argent en euros plutôt qu'en drachme dévaluée. Un tel mouvement de perte de confiance risque d'entraîner des faillites bancaires en série. Une possible panique bancaire consécutive à l'annonce de la dévaluation obligerait le gouvernement à nationaliser les banques et donc à faire tourner la planche à billet pour les soutenir. Un tel scénario aurait donc un coût social fort. L'inflation entraînant une baisse du pouvoir d'achat des ménages»

Aussi, quitter la zone euro comporte de nombreuses complications juridiques. La seule issue possible serait l’article 50 du Traité de l’UE, mais cela implique également la sortie de l’Union européenne. Choix cornélien.

Certains analystes –d'un courant minoritaire– affirment cependant qu’une sortie de la zone euro présente plus d’avantages que d’inconvénients. Ainsi, un rapport du Capital Economics soutient que «pour l’Irlande, la Grèce, le Portugal, l’Italie ou l’Espagne, ce serait mieux s’ils revenaient à leur monnaie nationale et qu’ils reprenaient le contrôle de la politique monétaire». De ce fait, on assisterait à une dévaluation de la monnaie et la BCE pourrait racheter la dette publique du pays si cela est nécessaire. Notons que la baisse des prix à l’exportation conduit à une hausse du volume des ventes.

Selon les experts des banques UBS, Citigroup ou Rabobank la peseta pourrait se déprécier de 40% à 60% par rapport à l’euro. La sortie de l’euro serait un scénario catastrophe selon Stéphane Déo, directeur de la recherche économique d’UBS.

Autre idée possible: celle d'une parité égale entre l'euro et la peseta. Un nouveau type de change serait en vigueur. 1 euro=1 nouvelle peseta. Pour des raisons techniques, les billets en euros demeureraient. Un billet de 20 euros vaudrait alors 20 pesetas ou europesetas.

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