Monde

Une journaliste agressée sexuellement par des militaires égyptiens

Slate.fr, mis à jour le 24.11.2011 à 19 h 14

Une manifestation près du ministère de l'intérieur au Caire, le 24 novembre 2011. REUTERS/Esam Al-Fetori

Une manifestation près du ministère de l'intérieur au Caire, le 24 novembre 2011. REUTERS/Esam Al-Fetori

Une journaliste américano-égyptienne, Mona Eltahawy, a annoncé sur son compte Twitter jeudi 24 novembre qu’elle venait d’être relâchée par les forces de sécurité du Caire après 12 heures de détention, rapporte le Guardian. Plus tard un autre tweet de son compte @monaeltahawy révèle qu’elle a été physiquement et sexuellement agressée alors qu’elle était à l’intérieur du ministère de l’Intérieur au Caire.

Ce qui signifie:

«5 ou 6 m’ont entourée, ils ont tripoté et pincé mes seins, attrapé mes parties génitales, et j’ai perdu le compte du nombre de mains qui ont essayé d’entrer dans mon pantalon.»

Le jeudi 24 novembre à 10h30 du matin, l’ancienne correspondante du Moyen-Orient de l’agence de presse Reuters, qui avait été saluée pour sa couverture de la révolution égyptienne au printemps 2011, a annoncé sur Twitter avoir passé près de 12 heures prisonnière des autorités du ministère de l’Intérieur et des représentants des services secrets. Elle précise par ailleurs qu’on lui a maintenu les yeux bandés pendant toute la durée de sa détention.

Un représentant de l’ambassade américaine confirme au Guardian que les conditions de sa détention ont été «vraiment inquiétantes».

Avec une série de tweets dans la nuit de mercredi 23 novembre, Mona Eltahaway, journaliste pour plusieurs journaux comme le Toronto Star et le journal danois Politiken, a décrit l'agitation sur la place Tahrir. Elle termine d’ailleurs son message en condamnant le Conseil Suprême des forces armées qui est en charge de la transition politique de l’Etat égyptien.

Vers 23 heures, elle décrit les violences autour des portes de l’université américaine du Caire, dont elle est une élève:

«Je ne peux pas le croire. Une cacophonie de sirènes, de klaxon, et de lumières d’ambulance clignotante.»

Puis dans un ultime tweet, elle écrit «battue arrêtée» par des hommes du ministère de l’Intérieur.


Selon le Guardian, d’autres journalistes ont probablement été arrêtés dans la nuit du mercredi 23 novembre. Depuis la mi-novembre des affrontements meurtriers opposent police et manifestants réclamant la chute du pouvoir militaire en Egypte et ont fait officiellement 38 morts selon le Figaro.

Eltahawy, âgée de 44 ans, est née à Port Said, mais à plus tard vécu en Grande-Bretagne, en Arabie saoudite et en Israël, avant de s’installer en 2000 à New York. En 2009, elle a reçu de l’Union européenne le prix Samir Kassir pour la liberté de la presse, et en 2010 le prix de la fondation Anna Lindh pour son «incroyable contribution au journalisme».

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