Economie

Le Sarkozy pour qui la zone euro est au bord du gouffre

Slate.fr, mis à jour le 25.11.2011 à 9 h 22

Une fissure au Tate Modern, à Londres, en 2007. REUTERS/Luke MacGregor

Une fissure au Tate Modern, à Londres, en 2007. REUTERS/Luke MacGregor

Sarkozy a annoncé sur la chaîne financière américaine CNBC mercredi 23 novembre que la zone euro est proche du point de non-retour. Comme le rapporte le blog de finance Zero Hedge, il a aussi soutenu ouvertement que les autorités européennes doivent maintenant mettre en place un plan de sauvetage des banques à l’image du plan Paulson, ou TARP, élaboré par les Etats-Unis en septembre 2008 pour recapitaliser les banques américaines.

Pas de confusion: ce n’est pas le Sarkozy qu’on connaît le plus, le président de la République, mais son demi-frère, «celui qui sait se servir d'une calculatrice», lance Zero Hedge. Il s'agit d'Olivier Sarkozy (fils de Pal Sarkozy et Christine de Ganay), financier respecté au Etats-Unis selon BFM Business, et maintenant à la tête du fond d’investissement Carlyle.

Toujours d’après BFM Business, c’est la deuxième fois en moins d’un mois qu’Olivier Sarkozy vient s’exprimer sur CNBC. La première fois, c’était au lendemain du sommet de la zone euro fin octobre. BFM Business rappelle d’ailleurs que le demi-frère du président de la République en avait profité pour préciser la prononciation du nom «Sarkozy» en français!

Dans sa dernière intervention, mercredi 23 novembre, il a prédit un avenir très sombre pour la zone euro. Selon lui, le point de non-retour est plus proche que ce qu’on imagine, puisque c’est maintenant au tour de l’Allemagne, le «bon élève» de l’Europe, de voir que sa dette commence à moins intéresser sur les marchés.

Le quotidien Les Echos souligne en effet que l’agence de la dette allemande n’a réussi à vendre que 3,64 milliards d’euros de titres à 10 ans, alors qu’elle visait 6 milliards. Le reste a donc été pris par la banque centrale allemande, la Bundesbank.  

Trouver 2.100 milliards de dollars

Mais pour Olivier Sarkozy, comme l’explique BFM Business, si les dettes souveraines représentent un problème, elles ne sont pas la priorité. Il s’inquiète plutôt des difficultés de financement des banques européennes. Le problème, selon lui, c’est que le système bancaire en Europe a besoin de beaucoup plus que ce que la BCE et même le Fonds européen de stabilité financière (FESF) sont capables de donner.

Avec le plan Paulson en 2008, le Département du Trésor américain  a racheté pour environ 212 milliards de dollars de titres toxiques détenus par les banques en difficulté, explique Olivier Sarkozy. Et cette injection d’argent a permis au secteur bancaire de se débloquer (il était miné par le montant des emprunts à rembourser s’élevant à 3.000 milliards de dollars), et aux banques de gagner du temps. Mais voilà ajoute-t-il, à l’aide d’une rapide démonstration de maths, pour la zone euro, la situation est bien plus grave:

«En Europe, ces 3.000 milliards sont 30.000 milliards de dollars. Donc si vous multipliez les 212 par 10, vous obtenez 2.120 milliards. Selon moi, les problèmes des banques européennes sont plus gros que ceux des bilans des banques américaines. Donc si vous voulez stabiliser les 30.000 milliards de dollars, et à mon avis ce n’est pas ce que vous voulez faire, mais ce que vous devez faire, vous n’avez pas le choix, vous allez devoir trouver 2.100 milliards de dollars, et je pense même peut-être plus.»

Il est assez difficile de vérifier si les banques européennes ont effectivement besoin de 30.000 milliards de dollars, on sait en tout cas que le Trésor américain n’a pas versé 212 milliards de dollars comme l'avance Olivier Sarkozy, mais plutôt près de 700 milliards.  

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte