Sports

A partir de quand la technologie devient-elle un avantage injuste dans le sport?

Slate.fr, mis à jour le 24.11.2011 à 11 h 23

Oscar Pistorius Karva Javi via Flickr CC License by

Oscar Pistorius Karva Javi via Flickr CC License by

Connaissez-vous Oscar Pistorius? Cet athlète amputé des deux jambes, remplacées par des prothèses en carbone, avait été autorisé à concourir aux côtés des sportifs «valides» pour le championnat du monde d'athlétisme de l'été 2011 en Corée du Sud. Des fédérations d'athlétisme avaient protesté contre cette décision du Tribunal arbitral du sport, estimant qu'Oscar Pistorius avait un avantage sur les autres sportifs.

De même, la Fédération internationale de natation a été au coeur d'une polémique sur les combinaisons de natation que pouvaient endosser les nageurs. En 2009, après avoir rappelé que «la natation est un sport dont l'essence est la performance physique du sportif», elle homologue une série de combinaisons et interdit les combinaisons en polyuréthane sans annuler rétroactivement les records de ceux qui avaient une combinaison en polyuréthane au moment de leurs performances. 

Quel devrait être le rôle de la technologie dans le sport? A partir de quand devient-elle un danger pour le fair-play et remet en cause l'égalité entre les participants? Ce sont les questions que pose un article du mensuel britannique Prospect Magazine. 

«Il fut un temps où le seul critère pour concourir à une compétition parmi les meilleurs athlètes était le talent combiné à un entier dévouement au sport. C'est toujours un pré-requis, bien sûr, mais ce n'est pas assez. Maintenant, un athlète doit aussi connaître sa condition physiologique et la science.»

Ainsi il a été prouvé scientifiquement que s'entraîner en altitude pouvait avoir un effet positif sur les performances athlétiques dans la mesure où cela accroissait la capacité du sang de porter de l'oxygène. Toutefois, s'entraîner quotidiennement en moyenne et haute altitude altère les fonctions cardio-respiratoires, d'où la nouvelle devise des entraîneurs d'athlètes: «Live High, Train Low» (Vis en altitude, mais entraîne-toi au niveau de la mer) et la construction de tentes qui simulent les conditions de la haute altitude et sont tout à fait légales.

A l'approche des Jeux olympiques de Londres en 2012, l'équipe britannique s'est dotée d'une cellule de réflexion sur les différentes technologies qui pourraient améliorer les performances de leurs sportifs, raconte The Telegraph. Cette cellule comprend une soixantaine de partenaires privées ou publics, allant de grosses compagnies à des start-up.

Pour le philosophe Jim Parry, interrogé par Prospect Magazine, interdire ou non une technologie devrait être la conséquence du raisonnement suivant: est-ce que cette technologie améliore la préparation et la performance sportive (méthodes d'entraînement, régime alimentaire –auquel cas, ce peut être utilisé) ou modifie le fonctionnement même du sport? Cette question juridique devrait ainsi donner lieu à un débat sur la métaphysique du sport.

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