France

Les patrons français sont mauvais

Slate.fr, mis à jour le 23.11.2011 à 9 h 52

Une licorne se venge sur un manager Brett L via Flickr CC License by

Une licorne se venge sur un manager Brett L via Flickr CC License by

Il suffit de taper «French people are lazy» (les Français sont paresseux) pour percevoir comment sont vus les salariés français, réputés faire grève en dépit de cinq semaines de congés payés. Pour autant, leur productivité n'est pas si mauvaise, comparativement aux autres pays de l'OCDE. L'hebdomadaire britannique The Economist dédouane les salariés et porte la responsabilité de notre «relation troublée avec le travail» sur le management à la française.

Si une grande partie des salariés français apprécie leur travail, ils ne sont que deux tiers d'entre eux à déclarer aimer leur entreprise. C'est en partant de ce paradoxe que le magazine britannique tente de démêler les ressorts du management à la française et expliquer pourquoi 2 salariés sur 5 estiment avoir une vision négative de leur dirigeants.

Les salariés français «trouvent une grande satisfaction dans leur travail, mais sont profondément mécontents de la façon dont leurs entreprises fonctionnent». Sont mis en cause les managers, bien souvent formés dans les mêmes grandes écoles, comme Polytechnique.

Les grandes écoles sont en ligne de mire de The Economist, qui raconte –pour étayer son argumentation– une anecdote au sujet de la promotion d'un cadre par un dirigeant d'une grande banque française. Son rival pour ce poste s'était alors empressé de faire remarquer que le promu avait obtenu un moins bon classement que lui à la sortie de l'école. La hiérarchie au sein du système universitaire entre les universités et les grandes écoles se retrouverait dans la hiérarchie des entreprises.

Ce tropisme des grandes écoles se retrouve dans le parachutage de patrons, les entreprises privilégiant la promotion externe au détriment de la promotion en interne «en fonction de la performance au travail», ce qui pourrait alors démotiver les salariés. Ce «capitalisme d'héritiers», d'après le titre de l'essai de l'économiste Thomas Philippon, où les dirigeants sont loin du quotidien de leurs employés, est contraire à la notion anglo-saxonne d'empowerment qui consiste en l'engagement du salarié dans le présent et le devenir de l'entreprise. 

En mai 2008, le portail WK-RH répertoriait les défauts du management à la française d'après des enquêtes internationales de 2007 et 2008 sur les cadres dirigeants et les managers des niveaux intermédiaires ou de proximité. Les salariés interrogés pointaient alors le manque de concertation pour la recherche de solutions ou la prise de décisions. Cette ignorance du fonctionnement du circuit de décisions de l'entreprise serait révélatrice d'une culture de l'implicite en oeuvre dans les entreprises françaises où les objectifs de chaque salarié ne seraient aussi pas clairement définis.

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