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Egypte: doutes sur la tenue des élections législatives

Slate.fr, mis à jour le 21.11.2011 à 14 h 38

Un manifestant tapant dans une bombe lacrymogène - Amr Dalsh / Reuters

Un manifestant tapant dans une bombe lacrymogène - Amr Dalsh / Reuters

Après la répression sanglante de l’armée égyptienne, samedi 19 novembre, la révolte populaire entre dans une nouvelle phase de confrontation qui met sérieusement en péril la tenue des élections législatives prévues le 28 novembre, explique The Guardian.

Plusieurs partis politiques et candidats ont d’ores et déjà annoncé leur volonté de suspendre leur campagne électorale après les affrontements au Caire qui ont fait au moins 20 morts et 1.500 blessés selon le ministère de la santé, précise Bikyamasr, site d'informations égyptien.

Les partisans de la révolution ont réinvesti la place Tahrir, épicentre de la révolution populaire du début d’année. Ils souhaitent renverser le maréchal Hussein Tantaoui, à la tête du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui s’est substitué au gouvernement de Hosni Moubarak en février dernier.

Dans la nuit du dimanche, des combats violents ont continué place Tahrir où les manifestants ont usé de pierres et de cocktails molotov pour repousser les attaques des forces antiémeutes du pouvoir, rapporte The Huffington Post. Les membres du conseil militaire dénoncent, de leur côté, l’intention des manifestants de vouloir troubler les élections.

«Nous voyons beaucoup de patients souffrir d’inhalations de gaz lacrymogènes et de blessures provenant de tirs à balles réelles», affirme un jeune étudiant en médecine.

Avant d’ajouter:  

«Les élections peuvent aller en enfer, la place Tahrir passe avant; et nous souhaitons terminer notre révolution avant de pouvoir voter».

De son côté, la figure de proue de l’opposition, Mohammed ElBaradei, a annoncé qu’il «ferait tout ce qu’il faut» pour sauver l’Egypte d’une grave crise. Et dénonce une «utilisation excessive de la force, à la limite de l’abattoir, contre des civils innocents».

Ces élections législatives seront les premières depuis le renversement de Hosni Moubarak en février 2011. Pour les manifestants, ces élections seront sans signification si le Conseil suprême des armées ne recule pas pour laisser la place à un gouvernement civil. La population craint en effet de voir poindre une nouvelle dictature militaire.

Les autorités égyptiennes insistent quant à elles sur le fait que les élections ne seront pas retardées et dénoncent l’intention des manifestants de vouloir troubler les élections: «La plupart des gens sur la place Tahrir sont dirigés par d'autres pour faire annuler les élections» assène par exemple un responsable de l'armée à Bikyamasr.

Slate Afrique s'interrogeait déja en octobre sur l'après-révolution égyptienne, se demandant si l'armée avait trahi la révolte populaire.

 

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