Life

Les adeptes des livres numériques n'en veulent pas pour leurs enfants

Slate.fr, mis à jour le 21.11.2011 à 12 h 13

 Un enfant lit une BD, 11 novembre 2009. Chris Schroeder via Flickr CC License by

Un enfant lit une BD, 11 novembre 2009. Chris Schroeder via Flickr CC License by

Si la montée des livres numériques menace de plus en plus la survie de l'imprimé, les livres, ces objets physiques faits de papier, d’encre et de plastique ont malgré tout toujours autant de succès chez les jeunes et surtout chez les enfants en bas-âge.

Pourquoi? Parce que pour une grande majorité, les parents, et même ceux qui se sont convertis au numérique, préfèrent que leurs enfants apprennent à lire avec de vrais livres selon le New York Times.

Ils sont en effet beaucoup à affirmer que tourner les pages de livres plus ou moins volumineux, avec des images et un texte plus ou moins grands, est essentiel pour des enfants qui apprennent à lire et à se  familiariser avec les formes, les couleurs, et les grandeurs.

Découvrir et regarder ensemble un ouvrage est aussi un moment en famille important, et les parents y tiennent, craignant d’autre part que les «gadgets brillants», comme les ipads, attirent toute l’attention des enfants.

«C’est de l’intimité, l’intimité de lire et de toucher le monde», explique Leslie Van Every, une inconditionnelle du Kindle d’Amazon qui habite San Fransisco mais dont la fille de 2 ans et demi apprend la lecture avec des livres, «c’est l’émerveillement de ma fille qui cherche une page avec moi», ajoute-t-elle.

Dans un article consacré au livre numérique début novembre, Vincent Glad comparait sur Slate.fr notre attachement pour l’imprimé à notre ancien «fétichisme» pour les CD, que l'on a en fait rapidement remplacés par les MP3.

En effet, les livres numériques concurrencent de plus en plus les versions papiers, à un rythme qui surprend même les éditeurs selon le New York Times. Mais ce n’est pas le cas des ouvrages pour enfants, puisque le numérique ne représente sur ce marché que 5% des ventes annuelles (contre 25% pour certaines catégories de livres pour adultes).

Pour Jon Yaged, président du groupe d’édition pour enfants Macmillan, «il y a vraiment une prédisposition pour l’imprimé», prédisposition qui vient de parents qui ne sont pas forcément hostiles au numérique, au contraire:

«Ce sont ces mêmes parents qui n’auront pas de scrupule à s’acheter un e-book pour eux.»

Ce phénomène remet au goût du jour le vieux débat sur le numérique: perd-on quelque chose en convertissant un livre imprimé en un fichier enregistré sur notre ordinateur? Junko Yokota, professeur au Centre d’enseignement grâce aux livres pour enfants de l’université de Chicago, pense que la réponse est oui, parce que la forme et la taille d’un ouvrage font parties de l’expérience de lecture:

«La taille et la forme font parties de l’expérience émotionnelle, et de l'expérience intellectuelle. Il y a beaucoup de choses que vous ne pouvez pas garder et intégrer dans un format électronique.»

Alors que les maisons d’édition convertissent de plus en plus de livres au format numérique, et que de nouvelles tablettes avec des applications pour enfants arrivent sur le marché, comme celle d’Amazon ou de Barnes &Noble, elles restent encore nombreuses à croire que les parents préféreront les versions imprimées.

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