Culture

Les libraires indépendants dans le collimateur

Temps de lecture : 2 min

Lecture publique chez le libraire/Ludovic Hirlimann via Flickr CC License by

Les libraires indépendants creusent-ils eux-mêmes leur tombe? Oui, selon la Lettre des Libraires. Depuis 2003, leur chiffre d’affaires est en chute libre. Près de -6% en sept ans.

Une situation dont les libraires indépendants sont eux-mêmes largement responsables, est-il écrit.

En faisant de «son échoppe un temple du Savoir inaccessible au commun des mortels», le «libraire du coin» méprise la «culture populaire» et établit une relation culpabilisante avec le lecteur. Parce qu’il «embauche de jeunes "vendeurs" sans aucune culture générale ni curiosité pour l’histoire du livre» et parce qu’il snobe les auteurs qui font vendre, «comme Marc Levy, Anna Gavalda ou Katherine Pancol», le libraire est responsable de sa disparition annoncée, poursuit La lettre du Libraire.

Les libraires indépendants seraient dépourvus du minimum de pragmatisme nécessaire à l’exercice de leur métier et quasi réfractaires à Internet et aux réseaux sociaux. La charge parait lourde et sévère. Venant d’un site censé être solidaire de la profession, elle peut surprendre. Mais cette «attaque en règle» se veut sans doute salvatrice.

En attendant le sursaut miraculeux, et pour se consoler, les libraires seraient avisés de se tourner vers Télérama. D’un avis diamétralement opposé, l’hebdomadaire considère que les libraires indépendants ne sont pas responsables de leur malheur.

Certes, le constat est identique: «le marché du livre fait preuve de résistance – si on le compare à d'autres biens culturels –, mais il ne profite pas aux librairies indépendantes». En revanche, l’explication serait à rechercher dans le bouleversement de l’économie du livre. En ligne de mire: «les librairies en ligne, Amazon en particulier, (qui) se sont emparées de plus de 11 % du marché du livre français en 2010 et (…) s'imposent de plus en plus dans le circuit de l'occasion et les ouvrages de fonds

Dans Libération et sous le titre «Amazon m'a tuer?», le directeur de l'Observatoire du livre et de l'écrit en Ile-de-France, Vincent Monadé, ne disait pas autre chose. Egalement visées «les grandes surfaces culturelles (Fnac, Virgin, Leclerc...) (qui) ont elles aussi profité de l'évolution des modes de consommation, sans oublier les grandes enseignes nationales ou régionales (Chapitre, Gibert, Decitre, Furet du Nord). Quant au livre numérique, s'il est encore marginal, il ne tardera pas à constituer une menace».

Télérama donne donc l’absolution au libraire indépendant, en rappelant que sa marge brute est «en moyenne de 32,7 %, quand celle d'une parfumerie ou d'une boutique de vêtements atteint 44 %». L’hebdomadaire témoigne également de l’inventivité de quelques libraires passionnés par leur métier.

Slate.fr

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