Monde

La révolution égyptienne ne veut plus d'ordures

Temps de lecture : 2 min

Street Scenes / Green Prophet1 via FlickrCC License by
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En sortant de chez lui, le gouverneur d’Alexandrie est tombé sur un énorme tas d’ordures. Elles avaient été déposées à sa porte par des activistes exaspérés de la saleté de leur ville et l’incurie des responsables.

La campagne «Nettoie ton pays et jette ton sac-poubelle devant la municipalité», lancée sur Facebook début novembre, bat son plein. Résultat: plusieurs gouverneurs ont eu la même mauvaise surprise que celui d’Alexandrie. «Malgré les nombreuses initiatives entreprises pour mettre fin au problème des ordures ménagères, les immondices continuent à s’entasser dans les rues, les canaux et les cours des immeubles, faute d’un système de gestion efficace. La situation s’est aggravée après la révolution du 25 janvier», écrit Al Ahram.

Ihab Ali, l’un des coordinateurs de la campagne explique:

«Si les responsables ne parviennent pas à nous débarrasser des baltaguis (hommes de main), au moins qu’ils fassent quelque chose pour nettoyer la ville. Car la propreté est non seulement un signe de respect de soi, mais aussi une marque de dignité humaine

L'initiative semble connaître un grand succès et de nombreuses personnes ont rejoint le groupe qui compte aujourd’hui des milliers de membres.

Depuis le début de la révolution, les ordures sont au cœur de la mobilisation égyptienne. Sa «place (de Hosni Moubarak NDLR) est dans les poubelles de l’Histoire et nous l’y ferons descendre», promettaient déjà les jeunes Cairotes.

Puis, au lendemain du départ du Président égyptien, on a vu, filmés ici par l'AFP, les manifestants armés de balais et brosses redonner un coup de lustre à la place Tahrir. Un «spectacle insolite dans une capitale où fleurissent d'ordinaire les tas d'immondices à ciel ouvert», raconte l’Express.fr «Mais voilà: rien ne doit souiller la pureté de cet élan de liberté. "Tu nettoies bien ta maison, lance l'un d'eux. Eh bien l'Egypte est notre maison. A nous de la rendre impeccable."»

La révolution du 25 janvier a fait de la propreté un élément du processus de construction démocratique, avance Lise Debout, chercheuse au Cedej (Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales). Car «une Egypte propre signifie non seulement que les rues soient mieux entretenues et plus propres, mais aussi que l’Egypte soit débarrassée des erreurs du passé, de la corruption» et, conclut Al-Arham, qu’elle vienne «à bout des derniers reliquats du régime que l’on identifie volontiers à un tas d’ordures».

Ariane Bonzon Journaliste

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