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Emil Kostadinov, le bourreau des Bleus en 1993, n'aurait pas dû jouer

Slate.fr, mis à jour le 18.11.2011 à 15 h 22

Emil Kostadinov arme sa frappe malgré le retour de Laurent Blanc à la dernière minute de France-Bulgarie (capture d'écran YouTube).

Emil Kostadinov arme sa frappe malgré le retour de Laurent Blanc à la dernière minute de France-Bulgarie (capture d'écran YouTube).

Dix-huit ans après, un des plus grands traumatismes de l’histoire du football français fait encore l’actualité. Selon des propos d’un protagoniste de l’époque rapportés par l’agence Reuters, Emil Kostadinov, l’attaquant bulgare auteur du but qui priva à la dernière minute l’équipe de France de sa qualification pour la Coupe du monde 1994, n’aurait en effet «jamais dû être là ce soir-là» pour des raisons administratives, comme le résume le magazine SoFoot.

L’ancien milieu de terrain Zlatko Yankov a raconté, jeudi 17 novembre, à des médias locaux qu’Emil Kostadinov, qui signa un doublé ce soir-là au Parc des Princes (la Bulgarie l'avait emporté 2-1), était rentré illégalement en France quelques jours avant le match, de même que l’auteur de la passe décisive sur le second but, Luboslav Penev:

«Cette histoire semble légendaire mais elle est vraie. Ils avaient des problèmes de visa. […] Ils se sont faufilés à travers la frontière entre l’Allemagne et la France dans une voiture conduite par Georgiev, les deux joueurs de Mulhouse [Borislav Mikhaïlov et Georgi Georgiev, deux internationaux qui jouaient pour le club alsacien à l’époque, NDLR] ayant délibérément choisi un poste-frontière peu sécurisé.»

Ce légendaire France-Bulgarie du 17 novembre 1993 est déjà réapparu dans les médias plus tôt dans la semaine, quand l’ancien joueur du PSG David Ginola a assigné en justice le sélectionneur français de l’époque, Gérard Houllier, qui le traite de «salaud» dans un passage consacré à ce match d’un livre sur les entraîneurs, Secrets de coach, de Daniel Riolo et Christophe Paillet.

Depuis cette élimination, Houllier reproche à Ginola de s’être plaint, quelques jours avant le match, de ne pas être titulaire en attaque (le sélectionneur avait qualifié cela à l’époque de «crime contre l’équipe»), ainsi que d’avoir été à l’origine de la défaite en ratant un centre à l’origine d'une contre-attaque bulgare à la dernière minute, alors que la France était qualifiée grâce à un nul 1-1. Déjà auteur du but de l'égalisation en première période, Emil Kostadinov avait marqué dix secondes plus tard d'une frappe surpuissante sous la barre malgré un retour désespéré de l'actuel sélectionneur Laurent Blanc.

Parmi les treize joueurs alignés ce soir-là sur la pelouse, Blanc et quatre autres (Bernard Lama, Marcel Desailly, Emmanuel Petit et Didier Deschamps) gagneront la Coupe du monde en France cinq ans plus tard. Cette défaite que L’Equipe avait qualifiée à l’époque… d’«inqualifiable» a parfois été décrite comme un électrochoc pour l’équipe de France, qui a ensuite connu une de ses périodes les plus glorieuses: au lendemain du triomphe en finale de l’Euro 2000, les Cahiers du Football avaient d'ailleurs réclamé «une statue pour Emil Kostadinov».

La Bulgarie avait elle terminé quatrième de la Coupe du monde aux Etats-Unis, derrière le Brésil, vainqueur, l’Italie, finaliste, et la Suède, l’autre qualifié de la poule de qualifications de la France. Tout ça donc grâce à cette frappe de Kostadinov que nous vous proposons —petit plaisir masochiste— de revoir en VF effondrée et en VO enthousiaste.

 

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