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SMS: les mots interdits par le Pakistan

Slate.fr, mis à jour le 18.11.2011 à 11 h 21

Un Pakistanais avec son téléphone portable / REUTERS/Zahid Hussein

Un Pakistanais avec son téléphone portable / REUTERS/Zahid Hussein

Le gouvernement pakistanais demande aux opérateurs téléphoniques du pays de bloquer tous les textos comprenant des termes «obscènes», soit 1.500 mots prohibés, rapporte The Guardian.

L’Autorité des Télécoms Pakistanais (PTA) a publié une liste de plus de 1.000 mots qui doivent être bannis dans les messages et a envoyé aux opérateurs Telenor Pakistan et Ufone un «dictionnaire» des mots interdits. Selon BBC News, le PTA aurait ordonné de débuter le dépistage de ces mots à partir du 21 novembre.

Dans cette liste, on trouve des termes divers et variés, au rang desquels figurent les termes «fuck» et «butt». Mais aussi des mots apparemment plus innocents comme «flatulence», «dépôt» ou «caresser». Dans un souci d’exhaustivité, les mots comportant des suffixes aux allures grossières sont également interdits, comme «arse» (cul) et les variantes de «tits» et «cock».

Selon Mohammed Younis, porte-parole de la PTA, cette mesure a été prise en réaction des plaintes de consommateurs qui se désolaient de recevoir des messages grossiers, explique BBC News.

Mais rapidement les citoyens pakistanais ont pris d’assaut le réseau social Twitter pour faire part de leur indignation et incompréhension au regard de cette mesure. Comme  Syed Yousuf Adnan, alias @AdnanWhy sur Twitter qui demande:

«Pourquoi est interdit “phares" Qu'est ce que j'ai raté là?»

Tout en admettant que la constitution pakistanaise garantit la liberté d’expression, les opérateurs télécom précisent qu’elle n’est toutefois pas illimitée. Notons que l’usage du téléphone portable est très répandu au Pakistan –plus de 100 millions d’utilisateurs–, même dans les villages les plus reculés.

Cette épuration des mots n’est pas sans rappeler le livre de George Orwell, 1984 où une novlangue est adoptée pour formater les esprits des citoyens et contrôler les organes d’information.

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