Monde

Nouvelles vérités (ou légendes) sur la mort de Ben Laden

Slate.fr, mis à jour le 16.11.2011 à 12 h 50

Des photos de Ben Laden à Karachi. REUTERS/Athar Hussain

Des photos de Ben Laden à Karachi. REUTERS/Athar Hussain

Un ancien membre des Seals de la Navy américaine, une unité d’élite directement sous les ordres du président aux Etats-Unis, vient de publier un livre sur la «vraie» mort d’Oussama ben Laden et le Christian Science Monitor s'en fait l'écho. Avec son livre, Seal Target Geronimo: The Inside Story of the Mission to Kill Osama Bin Laden, Chuck Pfarrer, qui ne faisait pas partie de l'unité qui a tué Ben Laden, déclare vouloir raconter ce qui s’est vraiment passé dans la nuit du dimanche 1er mai au lundi 2 mai 2011, pour mettre fin aux mythes qui ont entouré la mort de l’ancien chef d’al-Qaida et l’assaut du commando des Seals.

Ce n'était pas une mission pour tuer.  Chuck Pfarrer explique en effet que l’objectif de la mission n’était pas à proprement parler de le «tuer»:

« Il y a ce sentiment que c’était une mission ayant pour but de tuer. J’ai été chez les Seals pendant 30 ans et je n’ai jamais entendu les mots “mission pour tuer”.»

Dans son livre, il décrit les deux types d’opérations que les unités spéciales du président sont amenées à mener: «capturer» une cible de haute importance, ou la «neutraliser». Pour le deuxième type de mission, «neutraliser» signifie évidemment «tuer» note le CS Monitor. Mais Chuck Pfarrer soutient précisément que l’intervention des Seals dans la maison où se cachait Ben Laden au Pakistan avait seulement pour objectif sa capture.

Le 2 mai 2011 un reporter de Reuters affirmait pourtant qu’un responsable de la sûreté américaine avait annoncé que l’objectif du raid était de tuer la cible et non de la capturer. Le site politique américain Politico expliquait d’autre part que le fait de mettre fin aux jours du responsable des attentats du 11-septembre était «une chance politique énorme » pour Obama, alors qu’une capture aurait soulevé des «questions épineuses», notamment sur ce qu’il aurait fallu faire du prisonnier.

Ben Laden était en train de plonger pour ramasser une arme quand les Seals ont tiré: Selon Chuck Pfarrer, c’est ce qu’a fait Oussama ben Laden quand le commando a pénétré dans sa chambre. Il précise qu’alors une fusillade a commencé et qu’une des femmes de Ben Laden, Amal, présente dans la pièce, aurait été touchée. Finalement, ajoute-t-il, les Seals sont parvenus à éliminer l’ancien chef d’al-Qaida d’une balle dans la tête.

Dans un autre article de Slate, Willian Saletan revenait aussi sur les mythes concernant les détails de l’opération, au lendemain de la mort du chef d'al-Qaida. Selon lui, les autorités américaines, et plus particulièrement John Brennan, conseiller principal du Président Obama en matière de contreterrorisme, se sont servies de sa prétendue mort peu glorieuse pour le décrédibiliser. Il rapporte que John Brennan a, dans ce but, décrit de «manière accablante le comportement de Ben Laden» lors du raid de sa résidence: «Il s'est retrouvé au milieu d'un échange de tirs avec ceux qui entraient dans la maison où il se cachait», a expliqué Brennan. Durant cette fusillade, «il y avait une femme, en plein milieu de la ligne de tir, qui aurait été utilisée (...) pour protéger Ben Laden», a-t-il ajouté.

On ne saura probablement jamais ce qui s’est vraiment déroulé cette nuit-là, mais il semble bien que ces deux versions soient fausses puisque le 3 mai le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney a déclaré que Ben Laden n’était pas «armé» et ne s’était pas caché derrière une femme.

Le Pakistan savait où il se trouvait. C'est ce que le  gouvernement américain a suggéré selon le CS Monitor, mais Chuck Pfarrer va plus loin en affirmant que les services secrets pakistanais étaient au courant (ISI):

«Ce n’est pas possible que Ben Laden ait pu vivre au Pakistan sans la complaisance de l’ISI.»

Les Seals n’ont pas utilisé de Ghost Hawks: Le CS Monitor affirme que selon certains médias, l’armée américaine s’est servie de ses nouveaux hélicoptères furtifs appelés Ghost Hawks pour l’opération. Pfarrer affirme quant à lui qu’elle n’a pas utilisée la nouvelle version de ces hélicoptères, mais une plus ancienne, par peur de la réaction des autorités pakistanaises.

Ayman Zawahiri a trahi Ben Laden: L’actuel chef d’al-Qaida, Ayman Zawahiri a trahi Ben Laden, selon Chuck Pfarrer. Ce serait sa jalousie envers Ben Laden qui l’aurait poussé à révéler l’endroit où il se cachait.

A la fin de l’article, le CS Monitor se demande si le livre de Pfarrer est finalement pertinent. Il rapporte que des officiels du Pentagone ont critiqué les affirmations de Pfarrer, notamment sur le déroulement de l’opération. Selon eux, aucun Seals ayant participé à la mission n’a confirmé ce que leur ancien camarade a avancé dans son livre.

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