Life

La science se met au crowdsourcing

Slate.fr, mis à jour le 16.11.2011 à 11 h 46

A l'académie des Sciences de San Francisco Daniel Ramirez via Flickr CC License by

A l'académie des Sciences de San Francisco Daniel Ramirez via Flickr CC License by

Face à l'immensité des données scientifiques, les scientifiques s'inspirent d'une technique de marketing et de financement de projets: le crowdsourcing où les masses deviennent des micro-producteurs pour un album ou micro-financeurs pour l'achat d'un objet d'art au Louvre.

Dans le domaine scientifique, partant du constat que pour certaines tâches comme déchiffrer de l'ancien grec ou la catégorisation de galaxies, les cerveaux humains ont plus de valeur que des ordinateurs, la dynamique collaborative fait son chemin, raconte The Boston Globe.

«L'idée est de relancer des recherches scientifiques épineuses en comptant sur le temps et l'enthousiasme du public», explique l'article qui estime que la dichotomie entre l'élite scientifique et les amateurs s'estompe avec de tels projets.

Plusieurs initiatives ont déjà abouti comme le jeu en ligne FoldIt, développé par les départements d'informatique et de biochimie de l'université de Washington, dont les participants ont réussi à trouver la structure tridimensionnelle d'une enzyme liée au sida du singe au bout de quelques semaines alors que cette énigme occupait des scientifiques depuis une dizaine d'années.  

«Les gens ont des capacités de raisonnement dans l'espace bien supérieures à celle des ordinateurs», explique le créateur du jeu, Seth Cooper qui précise que près de 250.000 personnes ont participé au jeu depuis son lancement en 2008. De même, imitant le principe de l'encyclopédie collaborative Wikipedia, The Encyclopedia of Life se veut une plateforme qui recense tous les organismes vivants décrits par les utilisateurs et ensuite vérifiés par des experts. Internet ou les applications de smartphones ont joué un grand rôle dans l'avènement d'une science collaborative et permet d'organiser des enquêtes à grande échelle comme The Health Tracking Network qui cherche à identifier les symptômes associés à chaque maladie pour mieux la combattre. 

En astronomie, le projet Galaxy Zoo, lancé en 2007, consiste en des milliers de citoyens qui aident les astronomes à identifier les photos du Télescope Hubble. Le projet a rencontré un tel succès que ses créateurs ont continué l'expérience avec Zooniverse qui surveille l'activité solaire.

Toutefois, cette externalisation de la recherche scientifique est en soi «une critique de la façon dont l'entreprise scientifique est conduite». Alors que le monde scientifique est socialement construit autour de réseaux d'experts surexpérimentés, ce type de projets est un défi adressé à la sociologie de la science, notamment sur le point de vue de la propriété intellectuelle des données qui, auparavant, n'étaient rendues publiques qu'au moment de la publication de l'étude.

«L'intérêt du scientifique à garder ses données privées pour en obtenir crédit va à l'encontre de l'intérêt de la société à résoudre certains problèmes avec l'essaim des esprits les plus fins.» Pour le reste, ils peuvent financer la recherche avec des sites comme SciFund.

 

 

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