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Faut-il choisir les espèces menacées à sauver?

Temps de lecture : 2 min

Des bébés pandas dans la crèche du centre de recherches sur les pandas géants de Chengdu. REUTERS/China Daily
Des bébés pandas dans la crèche du centre de recherches sur les pandas géants de Chengdu. REUTERS/China Daily

Adieu, pandas, tigres et ours polaires? De nombreux scientifiques impliqués dans la défense de nos ressources naturelles estiment qu'il faut cesser de se concentrer sur les espèces en voie de disparition les plus célèbres pour se préoccuper d'autres espèces, moins connues mais qui ont plus de chances de survivre.

Près de 600 scientifiques ont été interrogés dans une enquête, et plus de la moitié d'entre eux ont dit être d'accord avec l'idée de «triage» d'espèces, qui suppose de s'occuper de certains animaux et plantes qui peuvent être sauvés, plutôt que d'autres qui sont trop difficiles à préserver dans la nature, rapporte The Independent.

L'idée est controversée, et discutée depuis plusieurs années dans le milieu, sans consensus sur le sujet. Dans ce sondage, la grande majorité des 583 scientifiques pensent qu'une sérieuse perte de diversité biologique est «probable, très probable, ou virtuellement certaine»; dans ce contexte, 60% d'entre eux ont dit être d'accord ou fortement d'accord avec l'option «triage».

Les «anti-triage» rejettent généralement cette possibilité parce qu'ils trouvent impossible –et peut-être immoral– de juger telle espèce plus «sauvable» que telle autre vue la complexité des interactions écologiques dans la nature, explique The Independent.

Même si davantage de scientifiques s'accordent sur la nécessité du triage, il ne sera pas facile d'en définir les critères, comme le résume Murray Rudd, à l'origine du sondage:

«Devrait-on choisir l'espèce la plus unique génétiquement, la plus utile économiquement, ou si de nombreuses espèces peuvent être sauvées en même temps?»

Dans l'enquête, les scientifiques ont considéré comme prioritaire la compréhension des interactions entre les humains et la nature pour maintenir des écosystèmes, mais ont rejeté des motifs culturels ou spirituels pour la biodiversité biologique, ainsi que «l'utilité» que cette diversité peut avoir pour les humains.

Sur le Huffington Post, l'un de ces scientifiques qui travaillent à la sauvegarde des espèces affirme que les biologistes s'éloignent de la «richesse simple des espèces» pour s'intéresser à la «diversité phylétique», les grandes différences génétiques entre les organismes.

En clair, essayer de sauver les représentants d'autant de lignées évolutionnaires diverses et distinctes que possible, plutôt que d'essayer de protéger chaque espèce sur Terre: sauver une espèce de colibri, de chouette et de perroquet plutôt que trois espèces de perroquet.

Slate.fr

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