Economie

C'est en France que se joue l'avenir de l'euro

Slate.fr, mis à jour le 14.11.2011 à 11 h 36

Des pièces de monnaie Sergio Piquer Costea via Flickr CC License by

Des pièces de monnaie Sergio Piquer Costea via Flickr CC License by

La vie politique française serait-elle arrimée aux prédictions des agences de notation? Conserver le triple A –à la différence des Etats-Unis qui l'ont perdu en août– serait un gage de confiance des investisseurs et un critère de plus dans la campagne présidentielle de 2012, notamment pour le président sortant Nicolas Sarkozy qui l'avancera comme le symbole de la pertinence de ses mesures économiques face à la crise, estime The Atlantic.

Et derrière le dessein politique de Nicolas Sarkozy, se joue celui de l'Europe dans la mesure où des mesures additionnelles d'austérité budgétaire ont un impact direct sur les importations et diminuent les échanges intracommunautaires.

«L'euro, c'est le coeur de la construction européenne. Laisser détruire l'euro, c'est prendre le risque de détruire l'Europe, c'est l'isolement de la France», avait déclaré à la mi-octobre Nicolas Sarkozy à Nice. Sauver l'Europe, c'est sauver la France, pourrait-on comprendre. Une interprétation qui a une certaine pertinence quand on observe la situation des banques françaises qui restent très exposées aux dettes souveraines italienne, grecque, espagnole. «Si les banques devaient faire face à des défauts de paiement de ces pays, les marchés craignent qu'elles ne soient obligées d'être recapitalisées par l'Etat français, ce qui va automatiquement fragiliser encore davantage les finances publiques», expliquait René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis, à l'AFP.

Le second plan d'austérité annoncé par le Premier ministre François Fillon le lundi 7 novembre risque d'«aligner la France sur les pays du sud de l'Europe», comme le prédisent les investisseurs qui considèrent la France comme la prochaine victime de la contagion de la crise de la dette, bien qu'elle ait la même note que l'Allemagne, souligne The Atlantic.

Pour autant, cela ne devrait pas profiter à l'opposition socialiste qui occupe une position délicate et peine à se mettre d'accord sur un programme actualisé pour 2012. Interrogé par The Atlantic, le politologue David Cameron (homonyme du Premier ministre britannique) de l'université de Yale estime que la gauche européenne n'a pas bien géré la crise de la dette, citant la démission du grec Georges Papandréou ou du portugais José Socrates ainsi que la probable défaite de Zapatero aux élections législatives du 20 novembre en Espagne.

Pour autant, bien que Standard & Poor's a confirmé le triple A de la France après avoir malencontreusement diffusé un communiqué de presse l'annonçant, certains, à l'instar de Jacques Attali, estiment que la seconde économie de la zone euro a déjà perdu ce Graal.

«Si les agences ne le reconnaissent pas encore c’est sans doute parce qu’elles n’osent pas, pour le moment, influer sur la campagne électorale. En agissant ainsi, elles rendent en fait, une fois de plus, un mauvais service au pays, qui a besoin d’un électrochoc pour agir avant qu’il soit trop tard.»

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