Culture

L'Angleterre pleure sa major EMI

Temps de lecture : 2 min

les Beatles dans les escaliers du siège d'EMI (photo d'Angus McBean reproduite sur la pochette de la compilation «1962-1966»)
les Beatles dans les escaliers du siège d'EMI (photo d'Angus McBean reproduite sur la pochette de la compilation «1962-1966»)

L’Angleterre se souvient avec émotion de feu sa major EMI, vendue vendredi 11 novembre à Universal ainsi que, pour sa partie édition musicale, à un consortium d’investisseurs emmenés par Sony, pour un montant total de 4,1 milliards de dollars (3 milliards d’euros).

Dans les colonnes du Guardian, le chroniqueur Simon Napier-Bell s’exclame «Au revoir donc EMI, tes refrains étaient la bande-son de nos vies» et rappelle comment la maison de disques a construit sa position de numéro un mondial, dans les années 50 et 60, sur des artistes britanniques comme Cliff Richards ou les Beatles. Ironiquement, c’est aussi un groupe britannique qui marqua le début de son déclin: les Sex Pistols, que EMI signa avant de les lâcher face au scandale. Le rachat en 2007 d’EMI par le fonds d’investissement Terra Firma donna le coup d’envoi d’une autre vague de départs: Radiohead, Paul McCartney, Rolling Stones… Conclusion nostalgique de l’article:

«L’entreprise fabriquait des disques mais les disques sont finis. Et une jolie place dans l’histoire, c’est déjà pas si mal.»

Dans un autre article, le quotidien estime que la perte d’indépendance de cette «très britannique maison de disques» signe «la conclusion douce-amère d’un chapitre de l’histoire de l’industrie musicale».

Cette émotion nationale se reflète dans les propos de Lucian Grainge, le patron d’EMI, rapportés par le Telegraph:

«Pour moi, en tant qu’Anglais, EMI était la maison de disques dominante avec laquelle j’avais grandi.»

Le même Telegraph nous rappelle dans une chronologie que, si EMI est née officiellement en 1931, le label date en réalité de 1897, année où fut fondée à Londres la Gramophone Company, qui fusionna quarante ans plus tard avec la Columbia Graphophone Company.

Le Daily Mail, de son côté, évoque une «profanation de la tradition créative britannique» et parle du «jour où la musique est morte» («the day the music died», titre qui fait référence au crash d’avion qui tua en 1959 les musiciens Buddy Holly, Big Bopper et Ritchie Valens). Le journal cite un dirigeant du secteur musical selon qui la musique est aujourd’hui dominée par les «trois cavaliers de l’Apocalypse», Apple, Amazon et Google.

Slate.fr

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