Berlin étudie une sortie de la Grèce de l'euro

Angela Merkel au sommet européen de Bruxelles, le 23 octobre 2011. REUTERS/Thierry Roge.

Selon Der Spiegel, Berlin «se préparerait à une possible sortie de la Grèce de la zone euro». L’hebdomadaire allemand, qui s’appuie sur des sources au sein du ministère des Finances, rapporte que le gouvernement «a effectué des simulations sur un éventail de scénarios» dont le pire prévoit que la Grèce puisse «tomber dans un cercle vicieux de misère qui pourrait durer des décennies», notamment car ses banques seraient privées d’accès aux marchés internationaux de capitaux, et entrainerait d’autres pays avec elle.

Dans un scénario intermédiaire, l’Union européenne verrait elle la crise s’intensifier, notamment en Espagne et en Italie. Un scénario «de base» prévoit lui que la situation ne devienne «pas trop mauvaise» et que la sortie de la Grèce puisse même «contribuer à renforcer la zone euro à long terme».

Dans un entretien au Monde, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble dément le scénario d’une «division» de la zone euro. Il comprend que «beaucoup de [ses] concitoyens» soient favorables à une sortie de la Grèce de la zone, mais affirme que «l'Allemagne et la France feront tout pour que la Grèce [y] reste». Pour cela, «le peuple grec doit décider s'il peut et s'il souhaite accepter les contraintes qu'impose le maintien de leur pays dans la zone euro».

Samedi après-midi, l’Elysée a diffusé un communiqué suite à une nouvelle rencontre entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Les deux dirigeants rappellent au nouveau Premier ministre grec Lucas Papademos «l'urgence de la mise en oeuvre complète et intégrale de tous les engagements pris» par Athènes, notamment ceux contenus dans l'accord européen du 27 octobre, en contrepartie du versement d’une prochaine tranche d’aide.

Le 9 novembre, le bureau bruxellois de l’agence Reuters affirmait déjà que des dirigeants allemands et français discutaient d’une «restructuration radicale» de la zone euro, l’un d’entre eux expliquant que l’idée était «d’établir exactement une liste de ceux dont nous voulons dans le club et une liste de ceux dont nous ne voulons pas». Un porte-parole de Bercy a démenti l’idée qu’un rétrécissement de la zone euro soit à l’ordre du jour.