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L’Eglise peut être tenue pour responsable des actes pédophiles commis par des prêtres

Temps de lecture : 2 min

Cathédrale St Philip de Birmingham / G-man via Wikimedia Commons
Cathédrale St Philip de Birmingham / G-man via Wikimedia Commons

La Haute Cour de justice de Londres a décidé, mardi 8 novembre, que l’Eglise catholique pouvait être tenue pour responsable des actes commis par des prêtres, rapporte The Guardian. Cette décision, encore susceptible d’appel, permettrait aux victimes de demander des dommages et intérêts à l’Eglise et non exclusivement aux prêtres reconnus coupables.

En l’espèce, une femme se plaignait d’avoir été violée par un prêtre de Portsmouth quand elle était enfant, dans un orphelinat du Hampshire. A ce titre, elle se retourne contre l’Eglise pour obtenir une compensation financière pour le préjudice subi. La Haute Cour devait se prononcer sur les liens unissant l’Eglise à ses prêtres –peuvent-ils être qualifiés d’employés du diocèse auquel ils sont rattachés?- afin de déterminer si l’Eglise était coresponsable.

Pour la première fois, la Haute Cour décide que l’Eglise est responsable des agissements commis par des religieux au sein de leur diocèse. Si le juge n’a pas retenu la qualification de contrat de travail formel, il souligne que la relation entre l’Eglise et le prêtre présente des «éléments cruciaux» s’y rapportant.

Ainsi, le juge précise:

«Le prêtre a été placé au sein d'une communauté avec une liberté totale d'agir en tant que représentant de l'Eglise. Il a reçu un enseignement et a été ordonné prêtre à cette fin. Un immense pouvoir lui a été confié et il a été a nommé à un poste de confiance dont –si les faits sont prouvés– il a abusé

Au cours de l’audience, le défenseur de l’Eglise a ajouté que la «question des abus sexuels était prise très au sérieux» et qu’elle était «déterminée à les éradiquer».

De son côté, la plaignante se félicite de la décision de la Haute Cour, mais fustige l’Eglise pour avoir interjeté l’appel. The Guardian explique qu’une victoire de l’Eglise aurait signifié qu’elle était exemptée de payer les dommages et intérêts dus au titre des abus sexuels commis par des prêtres.

Cette question de la responsabilité de l’Eglise pour des actes commis par les religieux a déjà fait l’objet d’une jurisprudence en Colombie. Libération relève que la juge a condamné le diocèse auquel été rattaché un curé pédophile à verser l’équivalent de 172.000 euros à la famille de deux enfants qu’il avait violés. L’assemblée des évêques du pays a immédiatement annoncé sa volonté de faire appel. «L’évêché ne peut pas être porté responsable des actes personnels d’un prêtre qui a déjà été destitué», a affirmé son porte-parole, Juan Vicente Córdoba.

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Plus profond encore, le problème pour l'Eglise d'accepter que les membres du corps ecclésiastique soient traduits en justice, comme le montre Christopher Hitchens sur Slate.

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