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Qui sont les partisans de l'extrême droite européenne?

Slate.fr, mis à jour le 08.11.2011 à 17 h 24

Un partisan de l'English Defence League tient tête aux policiens londoniens. REUTERS/Toby Melville

Un partisan de l'English Defence League tient tête aux policiens londoniens. REUTERS/Toby Melville

«Deuxième ou troisième force politique» en Europe, l'extrême droite a acquis un «poids prépondérant» ces dernières années, observe une étude du think tank britannique Demos, dont le Guardian relaie les principaux constats, accompagnés d'une infographie descriptive des partis ou forces d'extrême droite en Europe occidentale.

Grâce à Facebook qui s'avère être un outil supplémentaire d'organisation et de communication des messages politiques de l'extrême droite, les auteurs de l'enquête ont pu contacter près de 10.000 sympathisants ou «fans» de ces partis dans 11 pays européens pour leur poser des questions sur leur engagement politique.

Ils ont ainsi pu dresser un profil-type du partisan d'extrême droite sur Internet. Deux tiers des personnes interrogées ont moins de 30 ans contre 51% pour les utilisateurs de Facebook, trois quart sont des hommes et leur taux de chômage est plus important que la moyenne.

«A leurs yeux, les principaux partis politiques ont perdu le contact avec la réalité, sont insipides et lointains, incapables de répondre aux difficultés qu'ils rencontrent quotidiennement», analyse Jamie Bartlett, principal auteur de l'enquête. Par ailleurs, «alors que l'antisémitisme était un facteur d'unification pour les partis d'extrême droite dans les années 1910, 1920 et 1930, l'islamophobie l'est devenu au début du XXIe siècle», explique Thomas Klau, analyste au think tank European Council on Foreign Relations.

Selon l'enquête, les thématiques de l'islam et de l'immigration sont davantage citées que des problématiques économiques. Pour éviter le piège d'une rhétorique raciste, ces partis préférent défendre ce qu'ils appellent les «traditions domestiques» dans un environnement mondialisé, réceptable des angoisses des électeurs de partis d'extrême droite qui s'avèrent également très eurosceptiques. De plus, ils montrent de la défiance envers les institutions politiques de leur pays (seulement 20% des interrogés ont confiance en leur gouvernement national).

La vigueur de l'extrême droite européenne a récemment été soulignée après la tuerie d'Utöya en Norvège fin juillet. Anders Behring Breivik, accusé d'en être l'auteur, s'est servi des réseaux sociaux et d'Internet pour communiquer et échanger ses idées. Pour autant, elle n'est pas un bloc monolithique, comme le soulignait notre guide de l'extrême droite européenne paru sur Slate en avril 2011 et possède différents repères idéologiques et une relation au pouvoir qui varie en fonction de l'ancienneté des forces politiques en question ou leur introduction dans le jeu parlementaire ou gouvernemental.

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