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Sarkozy en a «marre» de Netanyahou le «menteur»

Temps de lecture : 2 min

Nicolas Sarkozy et Benjamin Netanyahou, le 5 mai 2011 à Paris. REUTERS/John Schults.
Nicolas Sarkozy et Benjamin Netanyahou, le 5 mai 2011 à Paris. REUTERS/John Schults.

Arrêt sur images révèle un «échange à bâtons rompus» et «qui aurait dû rester à huis clos» entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama lors du G20 de Cannes, jeudi 3 novembre. Enfermés dans une pièce, les deux chefs d’Etat auraient eu un dialogue saignant sur le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou:

Sarkozy: «Je ne peux plus le voir, c'est un menteur»
Obama: «Tu en as marre de lui, mais moi, je dois traiter avec lui tous les jours!»

Si ces phrases sont parvenues aux oreilles du site, c’est grâce à «une maladresse de l’organisation»: pendant la discussion, les services de l’Elysée auraient remis aux journalistes des boîtiers de traduction en vue de la conférence de presse à venir, en précisant «que les casques n'étaient pas distribués, parce qu'ils auraient permis de suivre la conversation à huis clos».

Ce qu’auraient alors fait pendant trois minutes certains journalistes en utilisant leur propre casque ou leurs oreillettes de portable. Sans révéler néanmoins les propos, selon certains d’entre eux cités par Arrêt sur images, car cela aurait constitué la reconnaissance d’une «triche» ou d’une infraction aux «règles déontologiques». Le Monde s’est contenté de préciser dans son compte-rendu du sommet que Sarkozy et Obama s’étaient «affligés à huis clos de leurs relations difficiles avec le premier ministre israélien».

Une attitude qui a fait réagir le site américain Politico, dont le chroniqueur Ben Smith estime qu'il est «difficile d'imaginer que des reporters américains n'auraient pas reproduit cette conversation dans un contexte similaire». Il reconnaît cependant qu'il existe un éventail de situations qui va «d'entendre une conversation privée tenue dans un lieu public, ce qui est OK, à écouter aux portes, ce qui ne l'est pas, et il y a évidemment une zone grise».

Ce n’est pas la première fois que sont rapportés des propos off de Nicolas Sarkozy sur ses homologues qui font polémique: il y avait eu précédemment sa pique sur Angela Merkel («Elle dit qu'elle est au régime... et se ressert de fromage»), rapportée par Le Monde, ou celle sur José Luis Rodriguez Zapatero («Il n’est peut-être pas très intelligent. Moi j’en connais qui étaient très intelligents et qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle») révélée par Libération. Des propos récemment compilés, avec ceux d'autres dirigeants européens, dans une infographie de BusinessWeek.

Dans un autre registre, en face-à-face, la presse britannique révélait fin octobre que Nicolas Sarkozy avait lancé à David Cameron, pendant le sommet de Bruxelles:

«Nous en avons assez que vous nous disiez quoi faire.»

Enfin, on se souvient du célèbre off en pleine affaire Karachi, durant lequel il avait lancé à un journaliste, selon un enregistrement publié par Libération:

«Et vous, j'ai rien du tout contre vous. Il semblerait que vous soyez pédophile... Qui me l'a dit ? J'en ai l'intime conviction [...] Pouvez-vous vous justifier?»

Slate.fr

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