Économie

Merkel-Sarkozy: le couple franco-allemand n'est plus crédible

Temps de lecture : 2 min

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. REUTERS/Charles Platiau
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. REUTERS/Charles Platiau

Après le sommet de Bruxelles, où les pays membres de la zone euro sont parvenus à un plan de sauvetage financier de la Grèce enfoncée dans une crise de la dette, temporairement mis en cause par l'annonce d'un référendum grec, le G20 à Cannes pourrait avoir fortement nui à la crédibilité du couple franco-allemand.

Derrière la solidité du couple franco-allemand, doit se cacher l'unité d'une Europe prête à sauver l'euro. C'est du moins l'opinion de l'édito du Wall Street Journal du lundi 7 novembre, qui estime que l'objectif affiché de «six semaines pour sauver l'euro» a expiré avec «l'annonce par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy que la Grèce était libre de quitter la zone euro».

Comparant la gestion de la dette grecque par le couple surnommé Merkozy à la guerre de Sécession américaine«les Etats-Unis ont traversé une guerre civile sanglante au XIXe siècle pour empêcher des Etats de faire sécession», Simon Nixon estime que leur action fait défaut à l'idée européenne en décidant que «la zone euro est une union basée sur le volontariat, non pas au nom du droit des nations à décider d'elles-mêmes mais afin de protéger un principe selon lequel les pays de l'eurozone ne doivent pas être redevables de la dette des autres Etats membres». L'euro allemand n'est pas le même que l'euro grec.

Par ailleurs, toute survie de la zone euro pourrait s'accompagner d'une aggravation du déficit démocratique, dont l'Europe souffre déjà. Avec les situations économiques espagnole et italienne en ligne de mire, «les politiques économiques de l'Europe du Sud seront à l'avenir dictées par une élite technocratique située à Bruxelles», anticipe le Wall Street Journal.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont une approche différente de la crise des dettes souveraines, écrivait Daniel Vernet pour Slate. «Nicolas Sarkozy veut régler un problème politique et technique. Angela Merkel veut infliger une leçon de morale aux pays dépensiers.» Paradoxalement, l'Allemagne, qui a retrouvé son assurance, s'assume désormais comme moteur de l'Europe et impose ses conceptions tout en préférant «risquer un effondrement complet de l'euro à une action résolue», avance un article de Foreign Policy.

Dès lors, l'avenir communautaire se construit sous la pression de l'actualité et non dans une vision d'ensemble, faisant redouter la consolidation d'une Europe à deux vitesses.

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