Life

Les marathons sont-ils mauvais pour la planète?

Slate.fr, mis à jour le 07.11.2011 à 12 h 49

Marathon de New York / Martineric via Wikimedia Commons

Marathon de New York / Martineric via Wikimedia Commons

Il est difficile d’envisager un mode de transport plus respectueux de l’environnement que la course à pieds. Pas d’essence, pas d’électricité nécessaire, et parfois, même pas besoin de chaussures. Et pourtant, l’organisation d’un marathon n’est pas si écologique qu’on pourrait l’imaginer, comme le rapporte Mother Jones.

Des milliers de papiers, de gobelets, de couvertures de survie jonchent le sol après chaque course. Ce fut encore le cas dimanche au marathon de New York –le plus couru au monde– où ont participé plus de 47.000 personnes. Autant de déchets à ramasser. Mais l’impact écologique ne se limite pas à ces ordures. Il faut s’intéresser à la manière dont ces produits sont fabriqués et aux moyens de transport empruntés pour se rendre au marathon. En définitive, les marathons sont-ils mauvais pour la planète?

Depuis quelques années, le Council for Responsible Sport encourage les organisateurs de course de fond à réduire l’impact écologique et à promouvoir le développement durable. A ce titre, il délivre des «certificats écologiques», sorte de label de qualité pour les courses respectueuses de l’environnement. Le système mis en place prévoit 41 critères pour définir le «degré écologique» de la course et attribuer ainsi un rang à chacune. Pour recevoir ce certificat tant convoité, il suffit de remplir 22 critères et 38 pour être labélisé «Course super verte». Parmi les plus grandes courses, la Marine Corps a reçu la médaille d’argent en 2009 et 2010, et celle de Chicago a été labélisée en 2010 et 2011. Cependant, ni Boston ni New York ne peuvent actuellement se targuer de ce «certificat écologique».

Les normes imposées comprennent la quantité de déchets produits avec une note de passage accordée si l’événement produit moins de 0,9 kg de déchets par participant. Cela passe notamment par la suppression des inscriptions sur papier ou par une baisse de la distribution de sacs plastiques. Sont également récompensés les événements qui encouragent les participants et les spectateurs à prendre les transports en commun.

Mais, se focaliser sur les déchets est un peu trompeur, selon Keith Peters, fondateur d’Eco-Logistics, agence spécialisée dans les conseils écologiques: «Bien que les poubelles soient le problème le plus visible, la plupart peuvent être recyclées.» Il affirme que le plus grand défi à relever est de faire renoncer les courses à distribuer des «gadgets» comme les t-shirts et les médailles.

Même s’il concède que ce sont «deux vaches sacrées». En effet, les t-shirts représentent un outil marketing indéniable pour les courses, et les médailles la récompense ultime pour des milliers de participants. Dans cette voie, les organisateurs de la «Cherry Blossom 10-miler», à Washington, proposent aux concurrents de payer un léger surplus pour obtenir une médaille.

L’engouement pour les marathons ne faiblit pas, comme en témoigne le souhait de créer une deuxième journée pour le marathon de New York, ce qui porterait le nombre de participants à plus de 100.000, et relancerait la réflexion sur les conséquences environnementales d'une telle course.

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte