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Un scientifique hollandais avoue que ses études étaient bidons

Slate.fr, mis à jour le 04.11.2011 à 14 h 56

Panneau de brainstorming dans un laboratoire de psychologie sociale Rob Enslin via Flickr CC License by

Panneau de brainstorming dans un laboratoire de psychologie sociale Rob Enslin via Flickr CC License by

Manger de la viande nous rend plus égoïstes. Evoluer dans un environnement désordonné nous rend plus racistes. Ces conclusions d'études conduites par le psychosociologue Diederik Stapel pourraient bien être complètement fausses, selon une investigation de l'université dans laquelle il enseignait.

Le psychosociologue hollandais qui a mené ces études, particulièrement reprises par les médias, a utilisé des fausses données pour la majorité de ses publications depuis le milieu des années 1990, révèle Associated Press.

Après l'avoir licencié, l'université de Tilburg a annoncé ce jeudi 3 novembre qu'elle pourrait porter plainte pour contrefaçon de documents et fraude. 

Selon l'enquête en cours, il refusait souvent d'intégrer ses étudiants dans la phase expérimentale des études, leur laissant plutôt la tâche d'analyse et de synthèse des résultats obtenu par Diederik Stapel lui-même.

AP explique que le «scientifique», capitalisant sur sa réputation, n'éveillait pas le moindre soupçon des co-auteurs des études qu'il menait. Ainsi, Siegwart Lindenberg, co-auteur de l'étude sur les stéréotypes et les environnements désordonnés, que Slate.fr avait relatée, estime, au micro de Public Radio International, qu'il n'avait «aucune raison de se montrer dubitatif quand il lui présentait les résultats des expérimentations qu'il avait conduites». 

L'émission The World de Public Radio International avait déjà interrogé Siegwart Lindenberg au moment de la publication de l'étude et ce dernier en avait expliqué les principales découvertes. Au cours de l'étude, les chercheurs auraient interrogé des personnes dans une station de métro aux Pays-Bas et observé leur comportement après une grève du personnel d'entretien qui avait causé la pagaille dans la station. «Dans un environnement désordonné, les gens semblaient avoir beaucoup plus de préjugés et s'asseyaient plus loin des personnes d'une différente race», affirmait Siegwart Lindenberg.

Le magazine Science avait relayé cette étude et a depuis ajouté une note à l'attention de ses lecteurs. A la demande du comité d'investigation, Diederik Stapel a fourni l'ensemble des articles de journaux depuis 1994 contenant les données inventées. Il a également exprimé ses regrets dans un communiqué de presse. «Je réalise que mon comportement laisse mes collègues stupéfaits et en colère et met mon domaine d'études, la psychologie sociale, dans l'embarras.»

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