Monde

Paris, meilleure ville de cinéma que L.A.

Slate.fr, mis à jour le 03.11.2011 à 16 h 15

la tour Eiffel. Al Ianni via Flickr CC License by.

la tour Eiffel. Al Ianni via Flickr CC License by.

Paris, capitale rêvée du cinéma américain parce qu'il n'y a pas à remplir douze permis et à négocier avec dix syndicats, face à Los Angeles, ville honnie des réalisateurs parce que paralysée par la bureaucratie empêchant le cinéma de tourner?

Le producteur Gavin Polone fait ce constat étonnant dans le New York Magazine. Polone produit une nouvelle série pour ABC Family, et le temps d'un épisode à Paris a pu se rendre compte que contrairement à ce qu'il pensait, il est moins difficile –et moins cher– de tourner en France qu'aux Etats-Unis.

Il raconte ainsi que pour un épisode, il voulait tourner quelques images de Rodeo Drive, le fameux quartier commerçant de Los Angeles. Coût total estimé par son équipe pour une image, pas de son, pas de cascades ni d'effets spéciaux? 25.000 dollars: 15.000 pour les deux heures que prendraient l'installation, le tournage et la désinstallation de l'équipement à son équipe de 70 personnes. 7.500 dollars pour le permis nécessaire pour filmer à Beverly Hills, auxquels s'ajouteraient possiblement des coûts pour les permis en plus, exigés par les magasins de Rodeo Drive.

Polone a alors demandé s'il ne pourrait pas, juste lui et sa partenaire, aller sur Rodeo Drive avec une caméra numérique filmer leurs deux actrices pour un plan. Pas question, a répondu le studio: une telle opération violerait les règles syndicales, ce qui finirait par les mener à des disputes et des amendes.

Il n'en revient toujours pas de son accueil parisien: pour son équipe de 10 personnes –«ça a été facile de rester une petite équipe, puisqu'on n'avait pas d'obligations de recrutement syndicales»– il n'avait besoin que de peu de permis, sans frais additionnels. Il a pu filmer tranquille sur les Champs Elysées, devant un magasin Dior notamment sans que personne ne l'ennuie.

Il conclut que, s'il ne préfère pas filmer en France plutôt qu'aux Etats-Unis, il trouve la différence de culture intéressante et pense que les syndicats du film américain, les entreprises et les gens devrait s'inspirer des Parisiens:

«Je pense que ça serait bon pour Beverly Hills d'avoir une série télé qui fera le tour du monde montrer leur quartier commerçant et montrer que son héroïne veut y faire son shopping. Et rendre les conditions de tournage plus faciles et moins cher ne fera que créer davantage d'emplois.»

Polone ajoute qu'il a eu l'idée de tourner à Paris en entendant la bonne expérience qu'en avait eu Doug Liman, réalisateur entre autres de La Mémoire dans la Peau ou Mr and Mrs Smith, et producteur de la série Covert Affairs.

Sur son blog, Doug Liman raconte le tournage d'un épisode de Covert Affairs à Paris en juin dernier, où l'on apprend que pour faire une séquence d'action, ce n'est pas aussi simple que pour filmer quelqu'un se baladant sur les Champs Elysées!

Mais il s'y dit lui aussi ravi de l'accueil parisien, et la commission nationale du film se réjouissait du passage de Liman qui inaugurait un nouveau type d'usage de Paris par les séries américaines: un passage rapide pour quelques séquences au lieu de deux épisodes, et dont les retombées du tournage à Paris avoisinent les 100.000 euros d'après la commission.

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