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Deux joueurs iraniens risquent le fouet pour s'être touchés les fesses après un but

Slate.fr, mis à jour le 03.11.2011 à 12 h 27

Azadi Stadium / Mansour Nasiri via Wikimedia Commons

Azadi Stadium / Mansour Nasiri via Wikimedia Commons

74 coups de fouet! C’est ce que risquent deux joueurs de football iraniens pour s’être pincés les fesses après un but. La scène s’est déroulée devant des millions de téléspectateurs, sur une chaîne de télévision publique. Après que leur équipe a marqué le but de la victoire, les deux coéquipiers se sont enlacés et l’un deux a touché les fesses de son partenaire en guise de félicitation.

 

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Immédiatement, les membres du Parlement, les responsables sportifs et les juges ont appelé à une «punition rapide» envers Mohammad Nosrati et Sheys Rezaei, les deux joueurs du célèbre club de football de Téhéran–Persepolis, nous explique The Washington Post. Ce n’est pas non plus du goût de la fédération iranienne de football. Elle a aussitôt suspendu les deux joueurs pour une période indéfinie et les a condamné à une amende de 500 millions de rials (33.500 euros environ), rapporte l’agence iranienne semi-officielle Fars.

Au regard des normes ultra-conservatives iraniennes, le comportement de ces joueurs peut être considéré comme une «atteinte à la chasteté publique». Le juge Valiollah Hosseini affirme à l’agence que «la peine encourue peut aller jusqu’à deux mois de prison et 74 coups de fouet». Et ajoute que «c’est encore pire de le faire sous les yeux de milliers de spectateurs et devant les caméras de télévision». Comme une ultime provocation.

L’ex-entraîneur du club, Ali Parvin, a quant à lui désapprouvé cette punition, affirmant que «les responsables officiels devraient plutôt prodiguer des conseils aux joueurs au lieu de les punir».

Pourtant, depuis une décennie, les normes et les moeurs ont profondément évolué en Iran, permettant ainsi une plus grande ouverture sur le monde, notamment via l’accès à Internet et aux réseaux sociaux. Cependant, cette ouverture –aussi timide soit-elle– a provoqué des réactions brutales, dans un pays où les autorités chiites tentent par tous les moyens de contrôler l’espace public et la télévision d’Etat.

Cette condamnation n’est pas sans rappeler la sentence prononcée à l’encontre de l’actrice iranienne Marzieh Vafamehr qui était apparue non voilée dans un film. Même si la condamnation a été révoquée par la suite, cela montre les tensions qui règnent en Iran. La semaine dernière, un joueur de football a été obligé de couper ses cheveux –jugés trop longs– avant de pouvoir jouer un match.

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