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Climat: guerre d'intimidation entre des chercheurs et un think tank

Slate.fr, mis à jour le 03.11.2011 à 10 h 41

La fonte des glaces dans la mer de Beaufort en Alaska au printemps 1950, via Wikipedia Commons.

La fonte des glaces dans la mer de Beaufort en Alaska au printemps 1950, via Wikipedia Commons.

Michael Mann, un chercheur américain spécialiste du changement climatique qui a travaillé sur les hausses de température (le célèbre et controversé «graphique en crosse de hockey»), est actuellement en guerre avec un think tank du Colorado, le American Tradition Institute (ATI), qui cherche à obtenir de lui des documents, dont ses e-mails, pour prouver qu’il aurait manipulé des données pour recevoir des financements gouvernementaux.

Un conflit dont se fait l’écho une enquête de Facing South, la revue en ligne de l’Institute for Southern Studies, un centre de recherche progressiste. Et ce, alors que Mann vient de remporter, le 2 novembre, une victoire judiciaire provisoire relatée par le Guardian: une cour de Manassas (Virginie) a notamment décidé de lui permettre d’être partie prenante à la procédure lancée par l’ATI contre son ancien employeur, l’université de Virginie.

Dans son enquête, Facing South décortique le fonctionnement de l’ATI, dont il juge qu’il fait partie «d’un réseau plus large de groupes entretenant des liens étroits avec les intérêts énergétiques». Créé en 2008 par un responsable républicain au passé judiciaire chargé et épinglé au moment des élections de mi-mandat de 2010 pour la façon dont il a sollicité des contributions pour financer des candidats, l’ATI entretient, via un ensemble de soutiens et de fondations, des relations financières avec des grandes entreprises énergétiques (ExxonMobil, Texaco, Lair Petroleum…).

Son réseau inclut aussi les frères Koch, auquel nous avions consacré un article en février 2011: ces deux milliardaires organisent chaque année un rassemblement de décideurs conservateurs et sont connus pour leur féroce opposition à Barack Obama.

Michael Mann n’est pas le seul chercheur à se trouver dans le viseur de l’ATI: c’est aussi le cas de James Hansen, un chercheur de la Nasa qui «se fait ouvertement l’avocat d’une limitation de la pollution par les gaz à effet de serre» et se voit lui aussi réclamer la publication d’informations confidentielles.

Aujourd’hui chercheur à l’université de Pennsylvanie, Mann avait lui fait partie des chercheurs épinglés lors du Climategate, la publication (plus ou moins) involontaire fin 2009 par l’université britannique d’East Anglia d’e-mails accréditant l’idée d’une manipulation de données par certains chercheurs. Il avait été blanchi de ces accusations par son employeur en juillet 2010, de même que la plupart de ses confrères, comme le rapportait à l’époque le New York Times.

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