Économie

Référendum: les grecs voteront de fait sur leur appartenance à l'euro

Temps de lecture : 2 min

Athènes. REUTERS/John Kolesidis
Athènes. REUTERS/John Kolesidis

Les Bourses asiatiques et européennes dégringolaient mardi 1er novembre, plombées par le plongeon des valeurs bancaires. La décision surprise de la Grèce d'organiser un référendum sur le plan décidé à Bruxelles le 27 octobre pour effacer une partie de sa dette est considérée par à la fois par les observateurs politiques et les investisseurs comme mettant en danger l'ensemble du mécanisme de sauvetage de la zone euro si difficilement construit. La dette de la Grèce s'élève à 350 milliards d'euros, soit environ 160% de son PIB. Selon les termes de l'accord, la dette devrait être ramenée à 120% du PIB d'ici 2020.

Mais dans un pays comme la Grèce qui connaît depuis des mois une instabilité sociale sans précédent avec des grèves générales qui s'enchaînent et un mécontentement général au sein de la population, le choix du Premier ministre grec Georges Papandréou suscite l'incompréhension. Est-ce une habile manœuvre ou un suicide politique? Car il n'y a plus eu de référendum en Grèce depuis 37 ans!

La colère était en tout cas perceptible dans les réactions du ministre des finances finlandais Alexander Stubb qui a estimé que «la situation est si critique qu'il s'agira de fait d'un vote sur leur appartenance à l'euro... La Grèce s'est engagée dans un nouveau programme qui comprend des réformes structurelles. Si soudainement, ils votent contre ses réformes, alors la Grèce est celle qui viole l'accord».

Selon le blog d'Arnaud Leparmentier sur le Monde, Nicolas Sarkzoy est consterné par la décision de Georges Papandréou et devait se coordonner avec la chancellière allemande Angela Merkel dans l'après-midi du 1er novembre sur la réponse à apporter. Le Président français réunit mardi à l'Elysée 17h les principaux ministres concernés par la crise de la dette grecque,

Le député maire UMP de Nice Christian Estrosi a eu une réaction brutale déplorant «une décision qui me parait totalement irresponsable de la part du premier ministre grec. J’ai l’impression que c’est un vent de panique qui souffle sur lui et sur son parti politique [...] Quand on est dans une situation de crise et que d’autres veulent vous aider, il est insultant de sauver sa peau plutôt que d’assumer ses responsabilités».

Les réactions sur les marchés financiers étaient aussi très critiques.«Cela remet tout en question», explique Andrew Sullivan de Piper Jaffray à Hong Kong. «Cela ajoute un autre niveau d'incertitude et les marchés n'aiment pas du tout l'incertitude». Ce réferendum «a pris les marchés par surprise et les a choqués», souligne à Paris le courtier IG Market dans sa note quotidienne. «Que va-t-il se passer si le peuple grec dit «Non»? Le risque est que la communauté internationale coupe l'arrivée d'argent et que le pays finisse par quitter l'euro. Il y a de quoi inquiéter sérieusement les investisseurs», affirme à Francfort Christoph Weil, analyste de Commerzbank.

Selon l'agence de notation Fitch dans un communiqué, le référendum grec «augmente le risque d’un défaut forcé» du pays et d’une «sortie potentielle» de ce pays de la zone euro, avec de «graves conséquences financières pour la stabilité financière et la viabilité de la zone euro».

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