Life

Ne laissez pas le chaos du monde vous déprimer

Slate.fr, mis à jour le 01.11.2011 à 9 h 51

Juillet 2009, aux fêtes de San Fermin à Pampelune en Navarre. REUTERS/Vincent West

Juillet 2009, aux fêtes de San Fermin à Pampelune en Navarre. REUTERS/Vincent West

Non, nous ne sommes pas tous malheureux et au bord de la dépression. Mais nous souffrons tous car notre cerveau n'est tout simplement pas équipé pour le monde du 21ème siècle. Nous sommes atteints à des degrés divers d'un désordre psychologique lié à notre éloignement du monde naturel dont nous sommes issus.

C'est l'explication avancée à la difficulté grandissante que nous éprouvons les uns et les autres à retrouver des bonheurs simples et des joies spontanée par Andrew Weil. Il est Professeur de médecine à l'Université de l'Arizona et est le gourou de la médecine alternative le plus célèbre aux Etats-Unis, auteur de nombreux livres à succès dont le dernier est titré Spontaneous Happiness («La joie spontanée»).

Sur le site The Daily Beast-Newsweek, Andrew Weil explique que la dépression est «un désordre de la vie moderne dans un monde industrialisé… En général, les pays où le mode de vie est le plus éloigné des standards modernes, les gens ont le plus faible taux de dépressions». Il ajoute que selon son expérience, «plus les gens possèdent moins ils ont de chance d'être satisfaits».

Andrew Weil a pris pour exemple aux Etats-Unis la secte religieuse des Amish qui refuse la modernité et a un mode de vie rural très proche de celui du 18ème siècle. Le nombre de dépressions au sein de la communauté Amish est dix fois inférieur à celui des autres Américains. Le psychologue Martin Seligman de l'Université de Pennsylvanie, autorité reconnue qui a étudié les Amish et de nombreuses cultures dites pré-modernes, estime «qu'il existe bien quelque chose dans la vie moderne qui crée un sol fertile à la dépression».

Pour Andrew Weil, le constat est le suivant: «nous sommes de plus en plus nombreux à être sédentaires, à passer la plupart de notre temps à l'intérieur des bâtiments et des habitations. Nous mangeons de la nourriture industrielle altérée de ses origines naturelles et cela a un impact sur l'activité du cerveau et notre humeur. Nous sommes submergés par un flot sans précédent d'informations et de stimulations dans cet âge de l'internet... et tout cela contribue à affecter notre santé émotionelle et physique».  Il souligne que les comportements associés avec la dépression - la réduction de l'activité physique et des contacts humains, la recherche sans fin de distractions, la consommation d'une alimentation industrielle - sont des comportements de plus en plus répandus volontairement ou non.

Les humains ne sont tout simplement pas conçus pour cela. Ils ont évolué pour s'adapter à leur environnement naturel et pour s'associer étroitement au sein de groupes sociaux. Cela assure un équilibre émotionnel naturel qu'il est de plus en plus difficile à trouver.

Alors pour corriger le décalage grandissant entre le monde moderne et «nos cerveaux et corps anciens», Andrew Weil recommande de modifier notre mode de vie, de faire de l'exercice physique, d'améliorer notre sommeil, de passer plus de temps au soleil, de manger plus de poissons, de multiplier les relations sociales…

Mais si Andrew Weil est un promoteur des médecines alternatives, il tient pourtant, et c'est à souligner, à en montrer également les limites. Il a notamment expliqué vigoureusement sur CNN, après le décès de Steve Jobs, le cofondateur d'Apple, que les médecines alternatives n'offrent pas de traitements dignes de ce nom pour soigner les cancers.

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