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La science a besoin de formules choc

Temps de lecture : 2 min

Pluie de météorites Geminid, au dessus du Popocatepetl, en 2004. REUTERS/Daniel Aguilar
Pluie de météorites Geminid, au dessus du Popocatepetl, en 2004. REUTERS/Daniel Aguilar

Si en science les formules chocs comme «la particule de Dieu», en référence au boson de Higgs, peuvent agacer les scientifiques, elles sont néanmoins utiles pour attiser la curiosité des non-initiés, explique le site Fastcodesign, filiale du magazine économique Fast Company.

Vous n’avez probablement jamais entendu parler de la constante de Hubble, mais tout le monde voit à peu près à quoi fait référence «la théorie du big bang». Ce qui est drôle, explique le journaliste John Pavlus, c’est que cette expression populaire évoquant la théorie de la naissance de l’univers a été pour la première fois employée par son plus farouche contradicteur, l’astrophysicien Fred Hoyle, lors d’une émission sur la BBC en 1949. Si la théorie alternative qu’il proposait, celle de «l’état stationnaire» de l’univers, n’a pas eu le succès escompté, ce n’était probablement pas parce qu’elle était fausse, mais peut-être simplement parce que son créateur ne lui avait pas trouvé de nom attirant.

Selon John Pavlus, les démonstrations élégantes ne suffisent pas pour faire aimer la science. Les lois de l’univers ont besoin de formules choc. C’est aussi ce que soutient un éditorial du New Scientist qui insiste sur le pouvoir d’évocation et d’inspiration des théories scientifiques:

«L’avenir de la science dépend de sa capacité à inspirer, et l’inspiration ne vient pas avec du jargon académique desséché.»

John Pavlus prend l’exemple de la «particule de Dieu», le surnom attribué à la théorie de Higgs sur les bosons. Ce slogan, par définition un peu réducteur, agace les spécialistes mais il a pourtant eu un succès fou. Grâce à lui beaucoup de gens sont désormais fascinés par la quête de cette matière mystérieuse, de cet élément fondamental qui manque encore dans le modèle standard en physique des particules.

A l’heure où le Congrès américain décide de réduire drastiquement le budget fédéral et où le financement public de la recherche est donc de plus en plus limité, les chercheurs doivent, selon John Pavlus, accepter de mieux communiquer et de rendre populaire leurs travaux afin d’attirer des fonds privés:

«Ce n’est pas que les gens soient incapables de se soucier de ces problèmes ou de trouver ces découvertes fascinantes. Ils —nous— ont juste besoin qu'on les aide.»

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