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La France a failli faire capoter l'opération libyenne

Temps de lecture : 2 min

Un soldat rebelle sur un pick-up chargé de munitions antiaériennes, en Libye. REUTERS/Yannis Behrakis
Un soldat rebelle sur un pick-up chargé de munitions antiaériennes, en Libye. REUTERS/Yannis Behrakis

Le 19 mars dernier à 17h45, soit trois heures avant le début officiel de la campagne aérienne libyenne, quatre Rafale français ont foncé au-dessus de la côte méditerranéenne pour attaquer une colonne de tanks qui se dirigeait vers la ville rebelle de Benghazi. Une attaque précipitée qui a failli mettre un terme à l'alliance internationale avant même qu'elle n'aille aider les rebelles, révèle le Washington Post.

Silvio Berlusconi, furieux de cette avancée en solo française, a accusé Paris de chercher à éclipser l'Otan et a menacé de fermer l'accès des bases italiennes aux avions de guerre de la coallition, ce qui aurait eu des conséquences dramatiques sur l'opération.

A l'époque, un responsable du ministère de la Défense français avait affirmé que «toute les frappes aériennes ont été coordonnées avec [les] partenaires», et que le plan avait toujours été d'envoyer les Rafale français d'abord, suivis par les appareils américains et anglais.

D'après le Washington Post, Nicolas Sarkozy tenait à lancer cette attaque aérienne et symbolique avant le début officiel de la campagne et la Maison Blanche n'y aurait rien vu à redire vu le soutien important du président français pour l'intervention militaire.

Mais les autres alliés n'étaient pas aussi convaincus: la France avait suggéré la possibilité d'un autre type de structure de commande, pas liée à l'Otan et qui incluerait certains pays arabes en excluant l'Allemagne et d'autres pro-intervention. L'Italie et la Turquie insistaient au contraire pour un contrôle de l'Otan et menaçaient de boycotter toute autre forme d'intervention. Résultat, l'attaque aérienne française n'a fait qu'augmenter les suspicions turques et italiennes quant aux intentions de Nicolas Sarkozy.

Un diplomate européen affirme ainsi au journal américain que «ça a presque mis fin à la coalition». Qui a réussi à réconcilier les deux pays pour éviter une coalition morte-née dans les premières heures de son action? «Hillary» (Clinton), répond le diplomate.

La secrétaire d'Etat américaine a eu un rôle aussi important que discret dans le déroulement des opérations de l'Otan en Libye, émergeant comme une sorte d'arbitre entre les différents partenaires de la coalition, rapporte le Washington Post. Et cela alors qu'elle faisait au départ partie des responsables du gouvernement américain espérant que Kadhafi tomberait sans aide occidentale.

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