Économie

La Chine va aider l'Europe, mais attend des contreparties

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Le drapeau chinois dans la cour de la chancellerie allemande à berlin, REUTERS/Tobias Schwarz
Le drapeau chinois dans la cour de la chancellerie allemande à berlin, REUTERS/Tobias Schwarz

Il y a de fortes chances pour que la Chine contribue au plan de sauvetage de la zone euro, mais l’ampleur de l’implication chinoise va dépendre du respect par les chefs d’Etat européens de plusieurs conditions, selon deux conseillers du gouvernement chinois cités par le Financial Times jeudi 27 octobre.

Li Daokui, membre du comité sur la politique monétaire de la banque centrale chinoise, et Yu Yongding, un ancien membre de ce même comité, ont confié au quotidien de la City que l’implication chinoise dépendra de la contribution des autres pays et des garanties que l’Europe pourra donner sur la sûreté de l’investissement. Le professeur Li a déclaré au FT:

«Il est dans l’intérêt intrinsèque et à long terme de la Chine d’aider l’Europe parce qu’elle représente notre plus gros partenaire commercial, mais le premier souci du gouvernement chinois est la manière dont nous allons expliquer cette décision à notre peuple. La dernière chose que veut la Chine est de jeter les richesses du pays par les fenêtres et d’être perçue comme une source d’argent intarissable.»

Il a ajouté que Pékin pourrait par exemple demander aux leaders européens d’arrêter de critiquer la politique monétaire de la Chine, source de tension entre le pays et ses partenaires commerciaux, en échange de sa participation au plan de sauvetage. Les Etats-Unis estiment que la dévaluation intentionnelle du yuan avantage de manière injuste les exportations chinoises.

Avec des réserves de change de plus de 2.200 milliards d’euros, la Chine pourrait être prête à mettre entre 35 et 70 milliards d’euros dans le Fonds européen de stabilisation financière (FESF) selon une source anonyme citée par le Financial Times. Pour le quotidien, il s’agit d’une bonne nouvelle pour l’Europe:

«Malgré la gêne occasionnée chez certains Européens par un investissement chinois, ces déclarations représentent un bonus pour les leaders européens quelques heures après un sommet dont le but était de calmer une crise de la dette souveraine qui dure depuis deux ans.»

Nicolas Sarkozy a lui-même appelé le président chinois Hu Jintao quelques heures après le sommet européen de dimanche pour lui demander de participer au FESF, et a estimé lors de son interview télévisée du jeudi 27 octobre qu’il n’y avait pas de raison de refuser une aide de la Chine et que cela ne remettrait pas en cause «notre indépendance».

Mais l’aide de la Chine ne fait pas l’unanimité, surtout à gauche. Le candidat socialiste François Hollande s’est ainsi interrogé:

«Peut-on imaginer que si la Chine, par ce biais, venait au secours de la zone euro, elle le ferait sans aucune contrepartie?»

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