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Condoleezza Rice, la «fleur noire à la Maison blanche» de Kadhafi

Temps de lecture : 2 min

Condoleezza Rice. REUTERS/Mike Segar
Condoleezza Rice. REUTERS/Mike Segar

Grâce à la publication des mémoires de l'ancienne secrétaire d'Etat américaine du gouvernement Bush, No Higher Honor, dont le Daily Beast s'est procuré des extraits, on en apprend plus sur l'étrange obsession de Mouammar Kadhafi, mort le 19 octobre dernier, à l'égard de celle qu'il appellait «la fleur noire de la Maison Blanche».

Condoleezza Rice décrit une rencontre en 2008 au cours de laquelle l'ancien dirigeant libyen lui avait montré un album photos la représentant seule ou avec d'autres personnalités internationales –que les révolutionnaires ont récupéré après la prise de son quartier général Bab Al-Zaziziya de Tripoli à la fin août– et un artiste avait entonné une chanson en son honneur.

«A cet instant, ce qui me passait par la tête était:"Combien de temps vais-je encore devoir rester ici et comment puis-je m'en échapper au plus vite?" Vous savez, c'était amusant quand il a dit, "J'ai une vidéo pour vous", j'ai pensé, "Oh mon Dieu, qu'est-ce qu'il va me sortir?" En fait, c'était juste des photos de moi avec Vladimir Poutin ou Hu Jintao», raconte-t-elle à ABC News, dont l'interview sera diffusée la semaine prochaine.

Depuis 1953, elle était la première secrétaire d'Etat américaine à rendre visite au colonel libyen dans le cadre d'une tentative américaine de réchauffement des relations entre les deux pays, après que la Libye a renoncé à ses programmes d'armes de destruction massive.

«Nous n'étions pas en train de trop nous rapprocher de Kadhafi. La chose la plus importante à faire était d'ouvrir cette brèche diplomatique qui avait été fermée pendant si longtemps, de l'éloigner du terrorisme et des armes de destruction massive, de faire de la Libye un endroit plus sécurisé. Mais c'est préférable qu'il soit parti.»

Une admiration à sens unique

En 2007, au cours d'une interview à Al-Jazeera, traduite par le Guardian, Mouammar Kadhafi louait le courage de sa «chère femme noire africaine». «Je l'admire et suis très fier de la façon dont elle se penche en arrière et donne des ordres aux leaders arabes ... Leezza, Leezza, Leezza. Je l'aime beaucoup et je suis fière d'elle car elle est une femme noire d'origine africaine.» Au cours de ce voyage à Tripoli en 2008, Condoleezza Rice aurait reçu des cadeaux d'un montant supérieur à 200.000 dollars.

Le site du magazine Vanity Fair a demandé à ses lecteurs d'imaginer quelles pourraient être les paroles de la chanson Une fleur noire à la Maison Blanche. Refrain de la chanson retenue:

«Se rapprocher de ta poitrine, de ton coeur et de ton sein, je serais une tâche en dessous de ta chemise bleue

Mais nous ne sommes pas du même monde; je pourrais te tuer, une fleur noire à la Maison Blanche...»

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