France

Le CSA saisi des propos d'Ivan Levaï sur le viol

Slate.fr, mis à jour le 26.10.2011 à 16 h 14

Nafissatou Diallo lors de sa conférence de presse, le 28 juillet 2011 à New York. REUTERS/Shannon Stapleton

Nafissatou Diallo lors de sa conférence de presse, le 28 juillet 2011 à New York. REUTERS/Shannon Stapleton

L'association Osez Le Féminisme a envoyé une lettre au CSA pour saisir directement le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel sur le dérapage d'Ivan Levaï à la radio le 6 octobre.

Le journaliste –premier mari d'Anne Sinclair, toujours proche d'elle et de Dominique Strauss-Kahn– participait à l'émission de Pascale Clark sur France Inter pour la sortie de son livre sur l'affaire DSK-Nafissatou Diallo, intitulé Chronique d'une exécution.

Il s'était alors laissé aller à de nombreuses approximations sur le viol, affirmant notamment dans un passage avec Pascale Clark à propos de ce qui s'était passé entre l'ancien président du FMI et la femme de chambre du Sofitel:

«IL: Moi je ne crois pas au viol. Pour un viol il faut un couteau, un pistolet, etc.

PC: Pas forcément... Il faut forcer... Violer c'est aller contre l'autre volonté...

IL: Vous avez vu la taille des deux? Elle est... Bon... Enfin bref»

Il avait également affirmé qu'il y avait 75.000 plaintes pour viols par an, dont 10% étaient «des fantasmes et des faux», alors que, si entre 50.000 et 75.000 femmes sont bien violées chaque année en France, seules 10% osent porter plainte.

Une déclaration qui avait par son inexactitude consterné de nombreux auditeurs –dont nous–, mais laissé de marbre le CSA, relève Julien Martin du Nouvel Observateur.

Voyant que le Conseil ne s'autosaisissait pas, Osez le féminisme! lui a envoyé une lettre pour demander des sanctions contre la «somme de contrevérités et d'idées reçues sur le viol et les victimes de viol».

L'association féministe s'appuie sur les compétences du CSA, notamment censé sauvegarder «des principes fondamentaux que sont la diginité de la personne humaine et de l'ordre public», et affirme que la réalité des violences sexuelles contre les femmes «a été niée à maintes reprises portant ainsi préjudice aux femmes victimes de violence».

Au CSA, un conseiller raconte au Nouvel Observateur que «ça fait partie des sujets tabous». Tabou pourquoi? Implicitement, c'est Catherine Levaï, l'actuelle épouse d'Ivan, qui est visée: celle-ci est en effet la chef de cabinet du président du CSA!

Elle assure quant à elle au Nouvel Observateur que «si le CSA est saisi pour les propos de mon mari, je ne me permettrai pas la moindre intervention».

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