Économie

Notons les agences de notation!

Temps de lecture : 2 min

Manifestation en Espagne, en juillet 2011. REUTERS/Paul Hanna
Manifestation en Espagne, en juillet 2011. REUTERS/Paul Hanna

Comment les gouvernements et les politiques peuvent-ils reprendre le pouvoir face aux agences de notation, dont les avis sur les dettes souveraines européennes sont au cœur de la crise financière que connaît le Vieux continent? La question est sur toutes les lèvres, alors que les chefs d’Etats et de gouvernements se réunissent à nouveau mercredi 26 octobre pour tenter d’enrayer la contagion de la dette et que la mise sous surveillance du «triple A» français par Moody’s représente une menace supplémentaire qui pèse sur l’avenir de l’euro.

Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur, propose depuis 2010 la création d’une agence de notation européenne qui aurait une lecture différente de ses consœurs anglo-saxonnes et apporterait de la concurrence dans un secteur archi-dominé par trois entreprises.

Autre solution qui fait son chemin en Europe: interdire la notation financière des Etats sous assistance. «Autrement dit, dès qu’un Etat serait sous perfusion, les agences n’auraient plus le droit de continuer à abaisser sa note» pour «les empêcher de mettre des bâtons dans les roues au redressement en en accentuant le coût» écrit Gilles Bridier sur Slate.fr.

Will Davis, un universitaire de la prestigieuse université britannique d’Oxford a quant à lui prôné dans un récent billet remarqué et passionnant sur son blog une solution innovante: il propose tout simplement de créer une agence qui noterait les agences de notations:

«Rassemblons un groupe intransigeant d’économistes, une équipe d’analystes (mieux payés que ceux de Moody’s et S&P) pour évaluer la performance scientifique des agences sur les dix dernières années et anticiper leur probable véracité sur les cinq prochaines. Faisons-en quelque chose d’officiel, sous l’égide de l’OCDE par exemple. Chaque agence de notation se verra attribuer un score, de AAA à “poubelle”, qui pourra être utilisé par tous ceux qui veulent savoir à quel point ils peuvent faire confiance aux notations. Si Moody’s peut émettre des doutes sur la crédibilité de l’Etat français, l’Etat français devrait pouvoir émettre des doutes sur la crédibilité de Moody’s, en utilisant les mêmes ressorts rhétoriques et numériques.»

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Reste à savoir si l’idée, qui semblera aujourd’hui bonne à la plupart des acteurs économiques et politiques, peut réellement être mise en œuvre.

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