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VIDÉO Sarkozy se moque de Berlusconi

Temps de lecture : 2 min

Le premier ministre Silvio Berlusconi au Conseil européen, le 23 octobre 2011. REUTERS/Thierry Roge
Le premier ministre Silvio Berlusconi au Conseil européen, le 23 octobre 2011. REUTERS/Thierry Roge

«Je n’ai jamais été recalé de ma vie», a déclaré Silvio Berlusconi lors du Conseil européen à Bruxelles, alors que beaucoup de pays de la zone euro s’inquiètent de la situation budgétaire en Italie, et se demandent quand le programme de désendettement sera mis en place. «J’ai été convaincant», a ajouté le président du conseil italien selon The Economist.

Pourtant, à voir la réaction d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion, il ne semble pas que Silvio Berlusconi ait donné cette impression à tout le monde. Interrogés sur leur entretien avec le Premier ministre italien, ils ont échangé des sourires et des regards complices qui en disent long sur la confiance qu’ils lui accordent.

Quand Nicolas Sarkozy a été questionné sur sa confiance dans le leader italien, il a répondu diplomatiquement selon les Echos: «Nous faisons confiance au sens des responsabilités de l’ensemble des autorités politiques et économiques de l’Italie»… Plus conciliante, Angela Merkel a évoqué une discussion «entre amis», tout en répétant encore qu’«il n’y a pas d’appel possible à la solidarité des partenaires, quand on ne fait soi même pas d’effort».

Les réactions n’avaient donc rien d’amicales. The Economist note que rarement un Etat membre de l'Eurozone et co-fondateur de l'intégration européenne n’a été «corrigé» aussi ouvertement.

Ceci montre que l’heure n’est plus à l’indulgence pour ce pays dont la dette s’élève désormais à 1.900 milliards d’euros. Pour les Echos, les responsables européens ont le sentiment que depuis l’aide de la Banque centrale européenne en août dernier, Rome a relâché ses efforts et commencé à revenir sur ses promesses de rigueur.

Selon le journal italien Il Giornale, qui appartient à la famille de Silvio Berlusconi (traduit par Courrier Internional), les raisons de la rancune de Sarkozy à l’égard de l’Italie ne viennent pas simplement de ses mauvais comptes:

«La vérité, c’est que les Français n’ont pas digéré la nomination d’un italien [Mario Draghi] à la présidence de la Banque centrale européenne, qui vient s’ajouter à la présence d’un autre Italien, Lorenzo Bini Smaghi [membre du directoire de la BCE]. Une situation qui met la France en minorité dans la gestion de la finance européenne.»

Le journaliste italien va même jusqu'à comparer le camouflet de Sarkozy au coup de boule de Zidane sur Materazzi en finale de Coupe du monde en 2006.

Le site d’information belge RTBF explique qu’en fait Paris a soutenu la candidature de Mario Draghi pour la présidence de la BCE, mais qu’en retour Nicolas Sarkozy s’attendait à ce que Lorenzo Bini Smaghi cède son poste au sein du directoire de l’institut monétaie de Francfort à un Français afin que la France ne se retrouve pas sans représentant.

Quelles qu’en soient les raisons, le sourire moqueur de Nicolas Sarkozy, plus que celui d’Angela Merkel, a en tout cas provoqué beaucoup de remous en Italie. Le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini a par exemple estimé que «les gestes et expressions ridiculisant notre pays ne sont pas opportuns».

Ces sourires échangés ont même fait réagir le Corriere della Sera, rapporte le Guardian. Le quotidien, qui critique Berlusconi depuis des mois pour son inaction, a trouvé le geste des deux chefs d’Etat «excessif», ajoutant que «pour un Italien ce n’était pas bien, peu importe qu’il soit pro- ou anti-Berlusconi».

Pour le journal italien d’opposition La Repubblica, cet échange de sourire révèle au contraire l’incompétence de Silvio Berlusconi:

«Nous nous souviendrons de ce weekend pour ce long silence en réponse aux préoccupations exprimées de manière aussi flagrante sur la crédibilité de ceux qui représentent notre pays. Ce spectacle n’est pas seulement humiliant, il a aussi un coût pour chacun d’entre nous: il est difficile pour celui qui regarde l’Italie de l’extérieur de séparer son opinion sur le premier ministre de celles sur nos institutions.

Mis à jour à jour le mardi 25 octobre avec l'article du Guardian

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