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Drones: vers une nouvelle course à l'armement

Slate.fr, mis à jour le 24.10.2011 à 17 h 23

Drone américain de type predator, Turquie le 24 septembre 2011. REUTERS/Ho New

Drone américain de type predator, Turquie le 24 septembre 2011. REUTERS/Ho New

L’avenir de l’armement est désormais réservé aux drones, ces avions sans pilote dotés de techniques de reconnaissance électronique et capables de mener des frappes d’une précision chirurgicale. Selon Spiegel, ces avions sont le type d’armes que les Etats ont toujours rêvé d’avoir: très peu chères à fabriquer, elles permettent de réaliser des attaques stratégiques efficaces sans mettre en jeu la vie d’aucun soldat.

Les drones sont depuis quelques années l’arme favorite des Etats-Unis, qui les utilisent pour traquer et éliminer les talibans cachés dans les montagnes entre le Pakistan et l’Afghanistan. Plus de 2.300 talibans ont ainsi été tués depuis 2001, notamment Anwar al Awlaki, chef de guerre et imam influent né aux Etats-Unis.

Signe indéniable de succès: en 2002, l’armée américaine dépensait environ 500 millions de dollars pour la construction de drones de combat. Maintenant, le budget consacré à ce type d’arme dépasse les 5 milliards de dollars. Pour Steven Zaloga, expert en armement, le marché des drones a d’ailleurs toutes les chances de s’étendre à d’autres pays. «Le Moyen-Orient va devenir un important marché pour les drones», pense-t-il.  Steven Zagola estime par ailleurs que les ventes de drones pourront atteindre les 94 milliards de dollars dans la prochaine décennie.

La Chine vient d’ailleurs de montrer qu’elle s’intéresse de très près aux drones, et qu’elle entend mettre fin au monopole technologique des Etats-Unis. Selon le New York Times, plus de 25 modèles de drones de reconnaissance ont été mis au point par l’industrie d’armement chinoise.  Même si la Chine a encore du retard pour les drones de combat, de nombreux analystes craignent que cette montée des pays concurrents entraîne une «nouvelle course à l’armement» et déstabilise l’équilibre international.

En réaction, les Etats-Unis vont probablement choisir d’exporter cette nouvelle technologie, alors que  depuis le début ils avaient plutôt choisi d’en garder le monopole et de ne pas en vendre à l’étranger, à l’exception de quelques alliés très proches. Des producteurs américains comme Northrop Grumman et General Atomics aimeraient commencer les ventes dans le reste du monde, de nombreux pays ayant «un appétit insatiable pour les drones» explique James Pitt, responsable commercial chez Northrop. Déjà plus de 40 pays utilisent des drones de reconnaissance selon un rapport des Nations Unies. Mais à part les Etats-Unis, seuls le Royaume Uni et Israël détiennent des drones de combat.

Selon Spiegel, les Etats-Unis ne vont pas être les seuls à profiter de la demande croissante de drones. Israël est aussi très avancé dans la production de ces armes. Les industries aérospatiales d’Israël (IAI) sont en effet les deuxième exportatrices de drones au monde, et cela fait plus de 40 ans que l’armée de l’air israélienne utilise ces avions sans pilote.

Le produit phare des IAI est le drone «Heron», dont la France s’est servie en Libye pour des missions de reconnaissance, ainsi que la Turquie pour repérer des camps d’entraînement du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

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