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Contesté chez lui sur l'Europe, Cameron se fait reprendre par Sarkozy

Temps de lecture : 2 min

David Cameron et Nicolas Sarkozy, le 1er septembre 2011 à l'Elysée. REUTERS/Benoît Tessier.
David Cameron et Nicolas Sarkozy, le 1er septembre 2011 à l'Elysée. REUTERS/Benoît Tessier.

«Nous en avons assez que vous nous disiez quoi faire. Vous dites que vous détestez l’euro et que vous ne voulez pas le rejoindre et maintenant vous interférez dans nos réunions.»

Selon plusieurs quotidiens britanniques, le Guardian, le Telegraph et l’Independent, c’est ce qu’aurait lancé Nicolas Sarkozy à David Cameron lors du sommet européen de Bruxelles, dimanche 23 octobre, durant lequel le Premier ministre britannique s’est inquiété du risque que les pays non membres de la zone euro soient marginalisés lors des négociations liées à la crise de la dette. Un second sommet est prévu sur le sujet mercredi 26 entre les dix-sept pays de la zone euro, avec une rencontre préliminaire d’une heure le même jour entre les 27.

Selon le Guardian, le président français aurait commencé sa tirade en lançant à Cameron:

«Vous avez perdu une bonne occasion de vous taire.»

Le quotidien britannique rappelle que cet événement survient alors que le Parlement doit justement procéder lundi à un vote (non contraignant) sur la nécessité d’un référendum portant sur l’attitude de la Grande-Bretagne face à l’Europe: maintien en l’état de l’adhésion, renégociation des traités ou départ.

Le Telegraph revient en détail sur cet événement de politique intérieure qui fragilise David Cameron: il découle d’une motion déposée par un député conservateur, David Nuttall, après le dépôt d’une pétition en ligne signée par plus de 100.000 personnes. Si le gouvernement ne risque pas de perdre ce vote —ses alliés libéraux-démocrates voteront contre la motion, de même que l’opposition travailliste—, celui-ci constitue un test pour Cameron face aux backbenchers (les députés de base) conservateurs:

«L’esthétique de sa victoire sera importante. Au moment où cet article est écrit, 68 députés conservateurs se sont engagés à défier la discipline de parti. […] Une telle révolte serait interprétée comme un défi à l’autorité du Premier ministre.»

Le nombre des «mutins» devrait au final dépasser les 41 qui s’étaient rebellés contre John Major en mai 1993 lors de l’examen du traité de Maastricht, dans ce qui était jusqu’à présent, selon le Guardian, la plus grande rébellion parlementaire sur l’Europe au Royaume-Uni.

Slate.fr

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