Monde

Ségrégation hommes femmes dans un bus de Brooklyn à New York

Slate.fr, mis à jour le 20.10.2011 à 14 h 10

homme femme sylvar via Flickr CC License by

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A Brooklyn, dans les bus B110 de la communauté juive hassidique de New York, les hommes sont assis devant et les femmes derrière, pour éviter tout contact physique entre les deux sexes, interdit par leur loi religieuse.

C’est ce qu’a expérimenté, mi-octobre, Melissa Franchy, en faisant un bout de chemin dans ce bus, sur l’invitation d’un reporter de New York World. Le journal y consacre un article

Assise tout d’abord à l’avant du bus, elle est vite allée rejoindre l’arrière, et les autres femmes, sur ordre d’hommes à la barbe garnie, au chapeau à large bords, aux longs costumes noirs et aux rouflaquettes.

Les interrogeant sur les raisons pour lesquelles elle devait changer de place, elle a reçu de leur part comme réponse: «Lorsque Dieu fait une loi, on ne demande pas pourquoi il a fait telle loi», selon le New York World.

Pourtant, la loi fédérale, de l’Etat, comme celle de la ville interdit toute sorte de discrimination fondée sur des critères de sexe dans les transports publics.

«Toute discrimination pour le travail, le logement ou les transports publics est interdite à New York», explique Betsy Herzog, porte-parole de la commission des droits de l’homme de la ville de New York, qui a l’intention de porter plainte.

Ces bus appartiennent à une compagnie privée depuis 1973, sous un contrat de franchise avec la ville de New York selon un article du New York Times. Avec leurs couleurs bleue, rouge et blanche et leurs tickets spéciaux –les MetroCard ne sont pas acceptées–, ils ne ressemblent effectivement à aucuns autres de la ville.

Mais, dans le New York World, Seth Solomonow, porte-parole du département des Transports (DOT), rappelle la loi:

«C’est une compagnie privée, mais un service public […] qui doit être conforme à toutes les lois en vigueur»

Il poursuit: «Nous allons contacter la compagnie, en attendant leur réaction à propos de cet incident, en espérant qu’elle mette en place des mesures pour que de tels incidents ne se reproduisent pas.»

Voilà quelques extraits de la lettre du département des Transports au président de la compagnie privée, Mr Marmurstein, qui a une semaine pour répondre, selon le NY Times:

«La section 16.25 de l'accord de franchise statue que les compagnies privées de transport n'ont pas le droit, dans les bus, de discriminer les gens sur des critères raciaux, sexuels, d'origine, d'âge, de handicap, de statut marital, d'orientation sexuelle. Aucune exception à ces critères n'a été accordée à votre compagnie.

Veuillez fournir la liste de ce que vous allez mettre en place afin d'empêcher une quelconque forme de discrimination de se produire. Sachez que des pratiques comme celles d'obliger des femmes à aller à l'arrière du bus ou de laisser des passagers harceler des femmes qui veulent s'asseoir où bon leur semble dans le bus, sont interdites dans les bus franchisés et constituent une violation directe de votre contrat de franchise qui pourrait conduire à sa clôture.»

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