Qu'est-ce qu'un pénis de taille normale?

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L'Académie nationale de chirurgie a rendu publics le 19 octobre ce qu’elle estime être les chiffres normaux des dimensions du pénis humain. Précisions: ces données ne sont que des moyennes et elles sont exprimées en centimètres.

Cette initiative académique ne correspond nullement à une opération de séduction médiatique de cette institution vis-à-vis des médias d’information générale ou des sites spécialisés. Elles ne sont publiées qu’à des fins de mise en garde contre les demandes (devenues trop «pressantes» selon les académiciens) d’interventions chirurgicales «correctrices» visant à augmenter la longueur et le volume du membre viril; interventions qui peuvent être à la fois superflues, inefficaces et non dénuées de risque. 

«Le sentiment d'un pénis de taille insuffisante est pour l'homme source d'anxiété ou de souffrance psychologique», reconnaît toutefois cette institution savante. 

Pour autant l’heure a selon elle sonné de «sensibiliser le public à l'inutilité et au risque de toute chirurgie sur un pénis de dimension normale et physiologiquement actif». Quand faut-il ici raisonnablement commencer à s’inquiéter?

Sans se prononcer sur les critères chiffrés de la normalité de l’activité pénienne l’Académie précise indique que la longueur moyenne au repos du membre viril se situe entre 9 et 9,5 pour gagner, en érection, une taille comprise entre 12,8 à 14,5.

Quant à la circonférence (mensuration souvent oubliée alors que son calcul est des plus simples) elle doit respectivement se situer entre 8,5–9 (durant le sommeil) avant d’atteindre 10-10,5.

Ceci étant posé, aucune décision opératoire ne devrait être prise sans l'avis motivé d'un psychiatre spécialisé. «Dans tous les cas où le pénis est dans des dimensions normales tant en longueur qu'en circonférence, la demande du patient est plus liée à l'image qu'à la fonction», soulignent les académiciens.

Ces derniers ne précisent pas les critères permettant de définir sur ce dernier point ce qui est du ressort de la pathologie. Reste que dans ce domaine précis, la chirurgie ne peut faire de miracle.

Toutes les personnes concernées doivent savoir que les multiples techniques dites «d'allongement» (avec notamment section du ligament suspenseur pénien) ont, paradoxalement, des résultats «limités» et comportent «un risque certain de complications en particulier au niveau de l'érection».

L’Académie ajoute que les implantations de matériaux divers et variés (silicone, vaseline...) doivent être proscrites et que les augmentations de calibre par injections de graisse (prélevées par ailleurs sur le patient) ne visent, tout bien pesé, qu’à un «effet cosmétique» sur la verge flaccide. Rien à attendre durant l’action, en somme. De ce point de vue elles offrent des résultats «inconstants» et «passagers», ne serait-ce qu’à cause de la réabsorption de la graisse.

Dans ce paysage, les seules indications licites sont d’ordre véritablement thérapeutique: interventions, dans des centres experts, en cas de micropénis congénital, de malformations néo-natales ou causées par un cancer de la verge. Ainsi, bien sûr, qu’après traumatisme pénien. Dans tous les cas le futur opéré «doit être prévenu que les résultats de cette chirurgie sont inconstants et que le taux de complications est élevé».

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