Monde

Un leader de la révolution égyptienne conseille Occupy Wall Street

Slate.fr, mis à jour le 19.10.2011 à 13 h 30

 Jour 20 du mouvement Occupy Wall Street, le 5 octobre 2011. david_shankbone via Flickr CC License by

Jour 20 du mouvement Occupy Wall Street, le 5 octobre 2011. david_shankbone via Flickr CC License by

L’un des activistes clés de la révolution égyptienne, Ahmed Maher, donne maintenant des conseils aux manifestants du mouvement Occupy Wall street, selon Wired.

Pour les activistes du Zuccotti Park à New York, mais aussi dans toutes les villes où le mouvement de protestation s’étend, le soulèvement populaire égyptien de février 2011 est vu comme un symbole et une inspiration. Or depuis quelques semaines déjà, Ahmed Maher, figure de proue de la révolte égyptienne, galvanisant ses compatriotes grâce à Facebook, Twitter et YouTube, s’intéresse aux activistes new-yorkais qu’il appelle «ses frères».

Mardi 17 octobre, Ahmed Maher s’est rendu au square McPherson à New York, lieu de rassemblement du mouvement Occupy Wall Street. Les personnes présentes ont été tout de suite très fières de savoir qu’un révolutionnaire égyptien était venu les soutenir, rapporte Wired. En guise d’exhoration, Ahmed Maher a expliqué en quoi le choix de la non-violence a été déterminant pour le mouvement du 6 avril égyptien:

«Nous sommes restés pacifiques, parce que nous voulions que des gens nous rejoignent. Si on utilisait la non-violence, sans tuer le moindre soldat, alors les gens nous aideraient.»

Ahmed Maher est néanmoins une figure controversée du mouvement démocratique égyptien, certains le jugeant par exemple un peu trop autoritaire. Mais il a été l’un des premiers à montrer aux Egyptiens que les réseaux sociaux peuvent être de puissants moyens de mener à bien une révolution. Pour ça, les sbires de l’ancien chef de l’Etat égyptien Moubarak l’ont envoyé en prison pendant plus de trois mois.

Maintenant les manifestants aux Etats-Unis font d’Ahmed Maher leur allié. Sur le site du mouvement Occupy Wall Street on pouvait lire dimanche 16 octobre un article intitulé «De la place Tahrir à Times Square», célébrant l’expansion du mouvement à plus de 1.500 villes dans le monde. Le mouvement se dit «inspiré par les révoltes populaires d’Egypte, Tunisie, Espagne, Grèce, Italie et du Royaume-Uni».

Selon Ahmed Maher, le meilleur conseil à donner aux activistes de New York est le suivant: ne pas s’embarrasser des détails.  

«Restez concentrés sur les problèmes principaux. Pendant nos 18 jours à occuper la place Tahrir, nous étions unis pour renverser Moubarak.»

Interviewé  sur le blog progressiste ThinkProgress, Ahmed Maher insiste enfin sur l’importance des  manifestations et des réseaux sociaux:

«Ils doivent continuer de manifester, et trouver d’autres moyens d’atteindre encore plus de gens, afin de provoquer de grands changements et de faire pression sur le gouvernement.»

Le groupe de désobéissance civile Anonymous soutient aussi le mouvement Occupy Wall Street, c’est même lui qui le premier a invité les gens à envahir les rues de Manhattan à la fin du mois d’août rappelle Fast Company. Néanmoins ce soutien passe plus par le buzz provoqué par les annonces de futurs coups d’éclat (comme le piratage raté du site de la Bourse de New York) que par une réelle présence dans les rues de New York.

 

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