France

Grèce: l'Allemagne ne veut pas payer pour les frégates françaises

Temps de lecture : 2 min

A bord d'une frégate française près de Bassorah en juin 2010, REUTERS/Atef Hassan
A bord d'une frégate française près de Bassorah en juin 2010, REUTERS/Atef Hassan

L’Allemagne s’oppose à une vente programmée de frégates de la France à la Grèce. La vente n’a rien d’illégal, mais des industriels et des politiciens allemands ont peur que ce soient les contribuables de leur pays qui se retrouvent à payer une partie du coût du contrat, et demandent l’intervention d’Angela Merkel.

Le contrat d’armement en question menace de rendre les relations entre les deux pays un peu plus tendues qu’elles ne le sont déjà. Selon les informations obtenues par le journal allemand Spiegel, la France veut vendre de deux à quatre frégates à la marine grecque et permettre au pays endetté d’en repousser le paiement, d’un montant de 300 millions d’euros, à cinq ans.

Selon l’accord, la Grèce obtiendrait une réduction de 100 millions d’euros si elle décide de garder les frégates au bout de cinq ans, ou doit les rendre à la marine française dans le cas contraire. Les frégates furtives ont été conçues pour échapper aux radars ennemis, et sont l’œuvre du groupe industriel d’armement naval DCNS, détenu à 75% par l’Etat français.

Mais un dirigeant du groupe industriel allemand ThyssenKrupp, qui concourt avec la France depuis plusieurs années pour l’obtention du contrat, a manifesté son opposition à l’opération dans une lettre adressée au gouvernement.

Selon lui, les navires pourraient être en partie payés par les contribuables allemands parce que la Grèce, qui dépend de l’aide de l’Union européenne et du FMI, pourrait devoir restructurer sa dette. Si cette éventualité se présente, le scénario imaginé par Thyssens se produirait: les contribuables allemands paieraient pour une partie des dépenses du gouvernement grec, dont l’achat des frégates.

Un parlementaire social-démocrate a même demandé à Angela Merkel d’obtenir l’annulation de la vente auprès de Nicolas Sarkozy, tandis que les membres de la coalition de la chancelière lui demandent également d’intervenir.

Le mouvement de colère allemand n’a pas encore été repris dans les médias français. Seul le site spécialisé Corlobe.tk, «Le portail des sous-marins», a commenté l’information:

«On pourra remarquer que Thyssen n’a pas adopté la même position lorsqu’il s’est agi l’an dernier d’obtenir le paiement des sous-marins qu’elle avait vendu (mais pas encore livré) à la Grèce.»

Slate.fr

Newsletters

Site classé

Site classé

Jacques Chirac, l'homme qui n'assumait pas d'être de droite

Jacques Chirac, l'homme qui n'assumait pas d'être de droite

On a voulu faire passer l'ancien président pour un radical de Corrèze mais son inconscient est de droite. Pour le meilleur et pour le pire.

Le jour où j'ai voté Chirac

Le jour où j'ai voté Chirac

Journalistes et contributeurs de Slate.fr se souviennent du 21 avril 2002 et du second tour pas tout à fait comme les autres de l'élection présidentielle.

Newsletters