Monde

Clint Eastwood a été évoqué comme vice-président en 1988

Slate.fr, mis à jour le 18.10.2011 à 11 h 20

Clint Eastwood dans «Le Retour de l'inspecteur Harry» (Warner Bros, 1983)

Clint Eastwood dans «Le Retour de l'inspecteur Harry» (Warner Bros, 1983)

Juste après Ronald Reagan, un autre acteur a failli concourir pour la Maison Blanche: Clint Eastwood. Un entretien récemment exhumé révèle en effet que l’équipe de George Bush père a brièvement songé à prendre le héros des films de Sergio Leone sur le «ticket» pour l’élection présidentielle de 1988.

L’information se trouve dans un entretien réalisé en 2000 avec l’ancien secrétaire au Trésor et secrétaire d’Etat James Baker, récemment publié par le Miller Center, un institut de l’université de Virginie, en partenariat avec la bibliothèque présidentielle George H.W. Bush. L’ancien dirigeant y est interrogé sur la short list pour le poste de vice-président à l’approche du duel avec le démocrate Michael Dukakis:

«—Donc, les vrais candidats étaient Dole, Quayle, Simpson, Kemp? Vous souvenez-vous d’un autre candidat important?
—Vous n’aviez pas Clint Eastwood sur cette liste. Cela m’a amusé: vous saviez que le nom de Clint Eastwood a été lancé à un moment?
—Non, je ne le savais pas.
—Quand nous étions loin derrière. Pour être honnête, cela a été suggéré de manière pas complètement fantaisiste: eh, il était maire. Un maire républicain. En tout cas, l’idée à été rejetée plutôt rapidement [rires]. Mais nous étions alors en retard de 18 points.»

ABC News, qui relaie l’information, rappelle que Clint Eastwood a accompli un mandat comme maire de Carmel, une petite ville de Californie, entre 1986 et 1988.

De manière amusante, au mois d’août 1988, après le choix par Bush de Dan Quayle, une lectrice du New York Times avait fait parvenir au quotidien une lettre estimant que le vice-président de l'époque aurait pu choisir Clint Eastwood:

«Si M. Bush voulait vraiment choisir un ardent conservateur que beaucoup de femmes trouveraient attirant, pourquoi n’a-t-il pas choisi Clint Eastwood?»

Le courrier en question notait avec drôlerie que Eastwood n’était «pas seulement une star, mais aussi un réalisateur, ce qui signifie des compétences managériales» et avait démontré dans des films comme La Corde raide ou Le Maître de guerre qu’il savait aussi être «doux et sensible». Il se concluait sur une phrase moqueuse du gouverneur républicain du New Jersey Thomas Kean, qui disait des démocrates: «Ils essaient de parler comme l’inspecteur Harry, mais ils se comporteront toujours comme Pee-wee Herman

A l’époque, les républicains étaient en tout cas très influencés par Eastwood puisque, trois ans plus tôt, Ronald Reagan avait repris dans un de ses discours à l’adresse du patronat américain une célèbre réplique du film Le Retour de l’Inspecteur Harry:

«I have my veto pen drawn and ready for any tax increase that Congress might even think of sending up. And I have only one thing to say to the tax increasers. Go ahead —make my day.»

(«J’ai mon stylo à veto à la main, préparé pour toute hausse des impôts que le Congrès pourrait songer à me faire parvenir. Et j’ai une seule chose à dire à ceux qui veulent augmenter les impôts: allez-y —faites-moi plaisir.»)

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