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Documents top secret: la Grande-Bretagne a des gaffeurs au pouvoir

Slate.fr, mis à jour le 14.10.2011 à 15 h 34

Oliver Letwin. REUTERS/Phil Noble

Oliver Letwin. REUTERS/Phil Noble

Une déchiqueteuse aurait été bienvenue. Oliver Letwin, connu pour être un des conseillers politiques du Premier ministre britannique David Cameron, a été photographié par un journaliste du Daily Mirror en train de lire et de jeter des documents importants, quelquefois en morceaux, dans les poubelles d’un parc de Londres.

Les documents en question incluaient un échange de mails au sujet du déplacement de terroristes suspectés ou des liens d’al-Qaida au Pakistan. Certains documents jetés dans les poubelles du parc Saint James contiennent les coordonnées personnelles de députés. «Oliver Letwin effectue la lecture de quelques-unes de ses correspondances avec les parlementaires dans le parc avant d’aller travailler et y laisse quelquefois les copies de lettres. Toutefois, ce ne sont pas des documents sensibles», a avancé sa porte-parole.

L’opposition travailliste a toutefois demandé à ce qu’une enquête soit menée pour évaluer si certains des documents jetés étaient classés confidentiels. «Je suis sûr que vous seriez d’accord pour dire que les ministres ont le devoir de suivre les procédures nécessaires et montrer l’exemple», a estimé Michael Dugher, membre du Shadow Cabinet de l'opposition travailliste. «Cela n’est clairement pas le cas de M. Letwin. Comme vous le savez, les fonctionnaires sont soumis à des procédures disciplinaires si les règles n’ont pas été respectées. Il ne peut y avoir une règle pour les ministres et une autre pour le reste.»

Le Telegraph précise que, bien que Letwin, ancien professeur de philosophie, soit reconnu pour être un des plus intelligents de l’entourage de David Cameron, il ne se démarque pas par sa débrouillardise. En 2002, sa résidence londonienne avait été cambriolée tôt le matin par un étranger qui lui avait demandé d’utiliser ses toilettes.

Le best-of des gaffes made in England

Cette gaffe s’ajoute à une longue série d'autres «imprudences» commises par des officiels britanniques.  En 2009, c’est le chef du contre-terrorisme britannique, Bob Quick, qui avait présenté sa démission avoir avoir malencontreusement tenu à son bras, à portée des objectifs des photographes réunis devant le 10 Downing Street, un document confidentiel présentant une opération de surveillance de terroristes suspects.

Un an plus tôt, les photographes avaient pu prendre en photo une note de la ministre britannique du Logement, Caroline Flint, étayant la situation alarmiste des prix de l’immobilier alors que les membres du gouvernement s’efforçaient de rassurer la population sur la solidité du marché. Cette même année, la perte du Blackberry d’un proche de l’ancien Premier ministre Gordon Brown au cours d’un voyage en Chine alors que ce téléphone portable permettait la connexion à des serveurs sécurisés du pays comme celui de Downing Street.

Les services secrets britanniques n'arrivent pas à garder des secrets. En juillet 2009, le Mail on Sunday avait pu retrouver des détails de la vie personnelle du nouveau chef des renseignements extérieurs britanniques (MI-6), John Sawers, via la page Facebook de son épouse, Lady Shelley Sawers, qui y postait photographies de son mari et coordonnées personnelles. Peu de temps après, on apprenait qu’une agente du MI6 envoyée en Colombie perdait, au cours d’un trajet en bus jusqu’à Bgota, une clé USB contenant les noms des principaux informateurs des services secrets britanniques en Amérique Latine.

L'armée en prend aussi pour son grade. Un capitaine de l’armée britannique s’était retrouvé, en novembre 2010, sous le coup d’une investigation par le ministère de la Défense après que son ordinateur contenant des renseignements militaires sur les forces britanniques en Afghanistan a été vendu sur Ebay parce que l’intéressé l’avait jeté dans une benne. Les documents –qui ne requéraient pas de mot de passe pour être lus– incluaient des détails sur les stocks de munition des soldats, le guide stratégique de la police nationale afghane et des photographies de recrues potentielles pour l’armée et de la police afghane et en possible danger de mort si les Talibans mettaient la main dessus. L’ingénieur qui avait acheté l’ordinateur pour moins de 20 livres l’a remis au ministère de la Défense quand il a réalisé la portée de son contenu. Pour sa défense, le militaire avait expliqué qu’il pensait avoir vidé son disque dur.

On comprend mieux d'où provient le comique du personnage Johnny English, dont le second volet sort prochainement en salles.

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