France

Montebourg votera Hollande «à titre personnel»

Slate.fr, mis à jour le 14.10.2011 à 11 h 35

Arnaud Montebourg vote à Montret, le 9 octobre 2011. REUTERS/Robert Pratta.

Arnaud Montebourg vote à Montret, le 9 octobre 2011. REUTERS/Robert Pratta.

Dans un entretien au Monde, Arnaud Montebourg affirme qu'il votera «à titre exclusivement personnel» pour François Hollande dimanche lors du second tour de la primaire qui opposera le président du conseil général de Corrèze (39,2% au premier tour) à Martine Aubry (30,4%).

«Les propositions des deux candidats étant pour moi équivalentes, je ne peux me déterminer en fonction de ma seule éthique de conviction», explique le candidat arrivé troisième du premier tour (17,3%), qui affirme faire son choix en fonction de «l'éthique de responsabilité», celle qui permettra de «faire gagner la gauche et battre Nicolas Sarkozy». Dans cette optique, François Hollande fait figure pour lui de «meilleur rassembleur» et de choix d’«efficacité». 

Il précise qu'il «[se] refuse à donner une consigne de vote» afin de ne pas donner une «image de la caserne et de l'enfermement qui est incompatible avec l'esprit de la primaire et de la VIe République».

Circonscriptions et portefeuilles

Pendant l’entre-deux tours, Montebourg a envoyé une lettre aux deux candidats détaillant ce qu’il attendait d’eux sur trois sujets (la réforme financière, le «protectionnisme européen», la VIe République) et les deux lui ont répondu. Il estime dans son interview que les deux finalistes «ont réalisé une forme de dépassement d'eux-mêmes» sur «la mise sous contrôle des banques et la lutte contre la concurrence déloyale mondiale» et «ont repris des morceaux de VIe République», son concept fétiche, «même en pièces détachées».

L’entre-deux tours a également été marqué, selon L’Express, par des tensions au sein de l’équipe du candidat, entre un entourage proche penchant plutôt pour un vote Hollande et des relais de terrain penchant plus vers Aubry.

Mercredi, le Canard Enchaîné affirmait que l’équipe Hollande avait proposé des «circonscriptions en or» à deux membres de l’état-major montebourgien, son directeur de campagne Aquilino Morelle et son porte-parole Thierry Mandon. Le premier, alors «plume» de Lionel Jospin à Matignon, avait été parachuté en 2002 dans les Vosges avant de devoir se retirer et avait été éliminé au premier tour en 2007 dans une circonscription de Seine-Maritime. Le second avait été élu député de l’Essonne en 1988 avant d’être battu en 1993, 1997 et 2007 par Georges Tron.

L’hebdomadaire satirique révélait aussi que l’équipe Aubry avait promis à Montebourg, en cas de victoire, le ministère des Affaires étrangères ou de la Justice. Dans Le Monde, l’ex-candidat n’est interrogé que sur la question des postes que lui et ses proches pourraient occuper dans l’équipe de campagne de Hollande, et affirme ne pas en avoir discuté.

«Flamby» et «Guy Mollet»

Ce ralliement à titre personnel de Montebourg à Hollande intervient alors que les relations entre les deux hommes sont notoirement compliquées. En 2007, alors que Montebourg, alors porte-parole de la campagne Royal, venait de déclarer sur Canal+ «Le plus gros défaut de Ségolène Royal, c’est son compagnon», Libération rappelait le contentieux entre les deux hommes, fondé sur des épisodes politiques (la tentative de mise en accusation de Jacques Chirac en 2001 ou le débat sur le traité constitutionnel européen en 2004-2005) et des déclarations vachardes (Arnaud Montebourg traitant Hollande de «Flamby» ou de «Guy Mollet»).

Un affrontement qui s’est formalisé par les motions déposées par Arnaud Montebourg avec le Nouveau Parti socialiste aux congrès de Dijon en 2003 (16,9%) et du Mans en 2005 (23,6%). La synthèse réussie par François Hollande avec certains membres du NPS (Benoît Hamon, Vincent Peillon…) en écartant le concept de «VIe République» avait alors provoqué l’éclatement du courant.

Le député et président du conseil général de Saône-et-Loire avait connu une période de rapprochement avec Martine Aubry après l’accession de celle-ci à la tête du PS, mais elle a pris fin avec leur conflit sur l’affaire Guérini. Il affirme au Monde que cette affaire n’a pas joué dans son choix, expliquant qu’«on ne fonde pas des choix pour la France sur des déceptions intimes».

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