Life

Une prise de sang pour mesurer votre espérance de vie

Slate.fr, mis à jour le 12.10.2011 à 12 h 17

La Brésilienne Maria Gomez Valentim à 114 ans, le 19 mai 2011.REUTERS/Ana Carolina Fernandes

La Brésilienne Maria Gomez Valentim à 114 ans, le 19 mai 2011.REUTERS/Ana Carolina Fernandes

Une simple prise de sang peut-elle nous dire jusqu’à quand nous allons vivre? C’est ce que le journaliste du Guardian Giles Tremlett essaye de savoir après que de nombreux journaux ont annoncé qu’un laboratoire espagnol de recherche en biologie a mis au point un test sanguin prédisant notre durée de vie restante.

Le test repose sur l’idée que le processus de vieillissement est en partie déterminé par la taille des télomères, ces capsules protectrices qu’on retrouve à l’extrémité des chromosomes. Normalement plus nous vieillissons, et plus les télomères rétrécissent, les habitudes de vie et le stress jouant un rôle important dans cette phase de dégénérescence. Selon le Guardian, observer les télomères peut ainsi permettre de savoir si une personne est «biologiquement» plus jeune ou plus vieille que des gens du même âge.

Pour Maria Blasco, biologiste à la tête du centre de recherche espagnol contre le cancer et spécialiste des télomères, le paramètre déterminant est le nombre de télomères courts, qui ne sont pas seulement un reflet du vieillissement, mais qui le causent:

«Les petits télomères sont à l’origine des maladies car quand ils sont en dessous d’une certaine taille, ils sont nocifs pour les cellules. Les cellules souches de nos tissus ne se régénèrent pas, et les tissus vieillissent.»

Peut-être à cause du slogan un peu ambigu du site Life Lenght, un journaliste du Independent a encouragé les lecteurs à en savoir plus sur ce qu’il a appelé «le test à 400 pounds qui vous dit jusqu’à quand vous allez vivre». L’auteur de l’article du Guardian explique que sur le Net cette prise de sang un peu particulière a créé le buzz, et que les demandes de test de plus en plus nombreuses ont pris par surprise le laboratoire espagnol dirigé par Maria Blasco.

Pourtant, dans une interview sur le New York Times, la prix Nobel de médecine Carol Greider (récompensée pour ses travaux sur les télomères) et ancienne professeure de Maria Blasco, soutient que ces tests sur la taille des télomères sont inutiles, «la science n’est vraiment pas là pour vous dire ce que seront les conséquences sur votre vie de la taille des télomères», ajoute-t-elle.

Maria Blasco reste persuadée qu’avec plus de moyens, ces avancées permettront de mettre au point des tests fiables, et surtout de proposer des traitements pour la réactivation des télomères. En effet, selon Maria Blasco, les recherches sur ces capsules protectrices n’en sont qu’à leur début et de nombreuses pistes sont déjà prometteuses:

«L’une d’elles est sur l’activation, en raison de son potentiel pour inverser le processus de vieillissement. Et montrer quelles maladies peuvent être combattues grâce à l’activation des télomères, dans le but d’en faire des médicaments.»

Bien sûr, elle rappelle que l’allongement des télomères, et l’éventuelle inversion du processus de vieillissement, n’ouvre pas les portes de l’immortalité, même si les chercheurs du laboratoire de Maria Blasco sont parvenu à allonger de 40% la vie d’une souris...

 

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