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Les Iraniens savaient-ils pour le complot terroriste aux Etats-Unis?

Slate.fr, mis à jour le 14.10.2011 à 10 h 17

L'ambassade d'Arabie Saoudite à Washington, DC, le 26 Novembre 2002. REUTERS/Brendan McDermid

L'ambassade d'Arabie Saoudite à Washington, DC, le 26 Novembre 2002. REUTERS/Brendan McDermid

Les fans de la série télévisée 24 heures chrono seront ravis de voir qu'elle continue dans la vraie vie: des responsables américains ont affirmé le mardi 11 octobre avoir déjoué un complot terroriste soutenu par une faction du gouvernement iranien qui visait à tuer l'ambassadeur saoudien sur le sol américain.

D'après les Américains, les conspirateurs avaient tenté d'engager un cartel de la drogue mexicain pour les aider à mener leur plan à terme, rapporte le Washington Post.

Deux hommes, un citoyen américain naturalisé nommé Manssor Arbabsiar –qui détient un passeport iranien–, et Gholam Shakuri, un membre d'une force paramilitaire iranienne, ont été inculpés, mais si Arbabsiar a été arrêté à New York fin septembre, Shakuri court toujours en Iran. Ils sont accusés entre autre de complot pour tuer un responsable étranger et de complot pour commettre un acte de terrorisme international.

Comment les Américains en sont-ils venus à se dire que des responsables du gouvernement iranien étaient impliqués? Shakuri est la plus claire connexion entre le régime et le complot terroriste, puisqu'il est un des responsables des forces Qods. Mais à part ça, pas grand chose d'autres que des supputations, analyse le Wall Street Journal.

Par exemple, les responsables américains estiment qu'un plan de cette ampleur, sur le sol américain, ne serait pas délégué à des lieutenants par le commandant des Forces Qods, Qasem Soleimani, qui a tendance à la microgestion. Et donc, qu'il était au courant.

Mais plusieurs spécialistes de l'Iran et des Forces Qods ne sont pas convaincus, expliquant que les détails de l'opération ne ressemblent pas à ceux retrouvés habituellement dans celles des forces.

Un analyste politique iranien basé à New York assure ainsi:

«L'aile opérationnelle des Forces Qods est trop intelligente et expérimentée pour mener une opération aussi brouillonne. Il est presque impossible que ce complot ait été officiellement autorisé.»

Des responsables américains ont admis que la raison pour laquelle les Forces se tourneraient vers un cartel de la drogue mexicaine et ne couvriraient pas leur piste n'était pas bien claire, mais qu'ils ont été convaincus par des transferts d'argent de comptes bancaires liés aux Quods.

Ils expliquent que le plan a été déjoué quand Arbabsiar a essayé de rencontrer les membres d'un cartel mexicain pour arranger l'assassinat de l'ambassadeur saoudien, et qu'il a en fait vu une source confidentielle de la Drug Enforcement Agency –qui s'occupe des affaires de drogue aux Etats-Unis–, à qui il a proposé 1,5 million de dollars pour la mort du responsable, affirment les Américains.

Arbabsiar a avoué aux enquêteurs américains qu'il avait été «recruté, financé et dirigé par des hommes qu'il pensait être des responsables importants des Forces Qods», une unité spéciale de l'armée iranienne.

Le directeur du FBI précise:

«Ça ressemble à des pages d'un scénario hollywoodien, mais l'impact aurait été tout ce qu'il y a de plus réel.»

Le Attorney General, Eric H. Holder Jr. (équivalent américain du ministre de la Justice), assure que l'ambassadeur Adel Al-Jubeir n'a jamais été en danger parce que des agents américains infiltrés ont surveillé l'évolution du plan depuis mai dernier, et précise que l'attaque était censée être la première d'une série.

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a dit travailler avec d'autres pays contre «une menace de plus en plus claire» venant de l'Iran, rapporte USA Today.

L'Iran a nié ces affirmations américaines, assurant que le gouvernement «fabriquait des problèmes» pour faire oublier les problèmes de politique intérieure des Etats-Unis.

L'ambassade d'Arabie saoudite à Washington a qualifié le complot de «violation détestable des normes, conventions et standards internationaux, en désaccord avec les principes de l'humanité», mais sans mentionner le gouvernement iranien.

Mis à jour le 14/10/11 avec les développements relayés par le Wall Street Journal.

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