Économie

S'il y a une crise, c'est parce que les traders se droguent

Temps de lecture : 2 min

Une seringue Andres Rueda via Flickr CC License by
Une seringue Andres Rueda via Flickr CC License by

Les traders agiraient-ils sous l’influence de stupéfiants? Carlo Giovanardi, sous-secrétaire d’Etat du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi en charge des campagnes de prévention contre la consommation de drogues, en est convaincu. C’est à cet effet qu’il a l’intention de rencontrer des régulateurs du secteur boursier et autres industriels pour planifier un dépistage d’une possible consommation de drogues par des traders, explique-t-il à Bloomberg BusinessWeek.

Pour légitimer sa proposition, il cite quelques études américaines qui suggèrent que la crise financière s’est amplifiée du fait de l’action erratique de «personnes qui ont perdu toute connexion avec la réalité» car elles étaient droguées. Les consommateurs de cocaïne peuvent avoir des moments d’absence et, de ce fait, «ne pas être capables de prendre des décisions», a-t-il ajouté. Il a estimé qu'une telle mesure pourrait faire l'objet d'une loi dans les mois à venir, en collaboration avec la Bourse italienne qui n'a pas encore réagi à cette proposition.

Existe-t-il un lien entre la consommation de drogues et les fluctuations boursières? Si l'on se réfère à l'image véhiculée des traders par des films comme Wall Street ou sa suite L'argent ne dort jamais les dépeignant comme des bosseurs et fêtards. Des chercheurs de l’université de Cambridge ont montré que les évolutions des cours boursiers sont liées au niveau de testostérone et de cortisol des traders, la testostérone étant affiliée à leur agressivité et comportement sexuel et le cortisol au stress. Quand les traders gagnent beaucoup d’argent, leur niveau de testostérone est élevé et quand les cours varient brusquement, leur niveau de cortisol augmente fortement.

«La vision populaire est que les traders contrôlent leurs émotions, mais, dans les faits, leur système endocrinien s’enflamme», estime John Coates pour New Scientist. La hausse continue de cortisol peut conduire au rétrécissement du cortex préfontal, zone du cerveau associée à la prise de décision et à la mémoire factuelle.

L'an dernier, Carlo Giovanardi avait envisagé une mesure similaire pour les politiciens. «L’idée d’un test de drogues pour des personnes avec de grandes responsabilités est acceptable. Je douterais qu’un investisseur confie son épargne à un alcoolique. Et le raisonnement tient aussi pour les cocaïnomanes.»

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