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Fuite et corruption pour l'attribution du Nobel de littérature 2011?

Thomas Tranströmer. Photo Andrei Romanenko (CC BY-SA 3.0 Wikimedia)

Thomas Tranströmer. Photo Andrei Romanenko (CC BY-SA 3.0 Wikimedia)

Le choix de l’académie Nobel de récompenser le poète Tomas Tranströmer n’aurait souffrir d’aucune polémique. Tranströmer est acclamé, son nom circulait depuis des années comme un nobélisable en puissance, et il n’y a pas eu de prix attribué à un Suédois depuis 40 ans. En revanche, un procureur suédois a annoncé qu’il allait se pencher sur des rumeurs de corruption qui entourent ce choix.

Car si Tranströmer n’était pas réellement dans la «short list» des favoris (Adonis, un poète syrien, Bob Dylan, Philip Roth) et des parieurs, sa cote a explosé quelques heures avant l’annonce du Nobel de littérature. Ainsi, sur le site de la maison de paris britannique Ladbrokes, Tranströmer est passé de 13 contre 1 à 1,66 contre 1 entre 10h et 13h. Une représentante Ladbrokes, Sofia Hjärtberg, a ainsi indiqué jeudi qu'un changement aussi soudain dans les préférences des parieurs n'avait jamais été constaté. Même si remarquait Libération, dès lundi, le poète suédois était haut chez les parieurs avec une cote à 6/1*.

Jusqu’à présent, aucune enquête officielle n’a été ouverte. «Nous nous pencherons sur les circonstances, a expliqué le procureur anti corruption à l’AFP. Nous allons revoir les données de l'Académie suédoise et nous allons nous renseigner sur le fonctionnement des paris. Nous n'avons pas ouvert d'enquête. Nous allons seulement nous renseigner sur la situation.» Le membre du comité Nobel Per Wästberg a de son côté estimé dans une déclaration à l’agence de presse suédoise TT news qu’il ne croyait pas à une fuite.

Une affaire similaire avait éclaté lorsqu'en 2008, rappelle le site Actuallité : «JMG Le Clezio avait obtenu le Nobel de littérature. À ce moment, Horace Enghal, porte-parole de l'Académie, avait avoué s'être baladé à Paris avec un ouvrage de Le Clézio, le week-end avant la nomination de JM, assurant qu'il avait pris soin de dissimuler la couverture.»

Toujours en 2008, un autre soupçon avait atteint le comité Nobel. Dans le collimateur des services anti-corruption suédois, des voyages des membres  des différentes académies des sciences en Chine et des liens de certains d’entre eux avec des laboratoires pharmaceutiques qui auraient pu avoir une influence, d'une manière ou d'une autre, le choix du lauréat du Nobel de médecine 2008. L’affaire n’a connu aucune suite judiciaire, mais elle reste d’autant plus trouble que la firme pharmaceutique en question, AstraZeneca, est désormais sponsor de l’académie Nobel.

* La première version de ce billet ne mentionnait pas cette cote élevée. Merci à Libération de nous avoir indiqué cette information manquante.

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