Monde

13 mois entre les mains de pirates somaliens

Slate.fr, mis à jour le 07.10.2011 à 14 h 33

Un navire américain au large du golfe d'Aden Charles McCain via Flickr CC License by

Un navire américain au large du golfe d'Aden Charles McCain via Flickr CC License by

Marie Dedieu, une Française de 66 ans, a été enlevée par des pirates somaliens dans la nuit de vendredi à samedi 1er octobre sur l'île de Manda près de Lamu, au Kenya. Ces derniers font l'objet d'une attention accrue depuis une recrudescence des captures, ou du moins, leur plus grande médiatisation.

Un couple de Britanniques, Paul et Rachel Chandler, ont été les otages de pirates somaliens pendant treize mois. Ils racontent leur quotidien en compagnie du boucanier Buggas et des pirates aux surnoms tels que Fils d'un menteur, Cul rouge, Dents rouges et Grande Bouche au New York Times Magazine. Leur libération s'est faite grâce à la communication ficelée d'une chaîne de télévision britannique, Universal TV, fondée par des immigrés somaliens et moyennant une rançon.

Libérés en novembre 2010, ils avaient été capturés alors qu'ils se trouvaient à bord de leur voilier dans les Seychelles et sur le point de voguer vers la Tanzanie. Des habitués de la mer conscients que «l'Océan indien était un terrain de chasse des pirates somaliens». Pour autant, Mohamed Aden confie au New York Times que les pirates impliqués n'étaient pas connus des autorités locales du centre de la Somalie dont il est le chef.

Egalement interviewé par Sky News, alors que le couple vient de publier un livre narrant leur expérience Hostage: A Year at Gunpoint with Somali Gangsters, Paul Chandler explique comment il a survécu, psychologiquement parlant:

«Après un certain temps, nous avons réalisé que nous serions libérés à un moment ou un autre, qu'ils savaient que notre valeur dépendait du fait que l'on soit encore en vie, et cela nous a permis de trouver une force intérieure pour survivre.»

Ce qui était d'autant plus difficile que le couple a été séparé par les pirates; une des raisons pour lesquelles ils ont écrit leur livre, chacun de leur côté, leur expérience ayant été différente. Paul a alors découvert que sa femme avait plusieurs fois ressenti l'envie de se suicider.

La durée de leur détention est notamment due au fait qu'ils n'avaient pas les moyens de payer leur rançon. Malgrès des appels de désespoir au gouvernement britannique, c'est grâce à l'argent rassemblé par leur famille, leurs amis et des expatriés somaliens en Grande-Bretagne qu'ils ont pu être libérés. Une rançon sur laquelle les pirates ne transigent jamais alors qu'ils s'endettent souvent pour capturer et garder en captivité des touristes, précise Mohamed Aden. «De pirates, ils se sont transformés en kidnappeurs quand ils ont réalisé que nous étions britanniques. Ils ont pensé que notre valeur résidait dans notre citoyenneté», affirme Paul Chandler.

La citoyenneté, le patriotisme, ce sont aussi les sentiments ressentis par Abdi Shire Jama, jeune Somalien vivant en Grande-Bretagne, qui a créé un clip, devenu viral sur Youtube, demandant la libération de Paul et Rachel Chandler. Il était las de voir qu'une image négative de la Somalie était projetée à l'international du fait de la piraterie.

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte