Monde

Occuper Wall Street? Les intellectuels s'y mettent aussi

Temps de lecture : 2 min

Un manifestant du mouvement «Occupy Wall Street» _PaulS_ via Flickr CC License by

Les medias prennent le mouvement de protestation «Occupy Wall Street» de plus en plus au sérieux, rapporte le New York Times. L’étendue et la continuité des manifestations le justifient. Le mouvement est repris dans d’autres grandes villes du pays sous le nom d'«Occupy Together». Des adhérents aux organisations syndicales d’employés municipaux et des transports rejoignent les rangs des manifestants initiaux et y apportent, de ce fait, leur expertise dans les relations avec les médias. Le mouvement acquiert une plus grande légitimité.

Par ailleurs, les étudiants – via le mouvement «Occupy College» - ont planifié près de 75 manifestations. Certaines célébrités comme l’actrice Susan Sarandon, le réalisateur Michael Moore et le chanteur Lupe Fiasco se sont montrées solidaires du mouvement.

Toutefois, c'est la participation croissante d’intellectuels américains respectés et connu qui pourrait vraiment infléchir la perception du mouvement, initialement considéré comme la protestation ephémère d’une jeunesse lésée par les conséquences de la crise économique.

Un professeur de l’université de Princeton, Cornel West, a appuyé le mouvement dès le début, faisant l’éloge d’une protestation contre «l’avidité des oligarques de Wall Street et des ploutocrates nantis qui anesthésient notre démocratie». Toutefois, Cornel West a une réputation d’activiste, ce qui n’est pas le cas de l’économiste de l’université de Columbia, Joseph Stiglitz, récompensé par un prix Nobel en 2001, qui a adressé un discours devenu viral dimanche 2 octobre aux manifestants :

«Vous avez le droit de vous indigner. Le fait est que le système ne fonctionne pas bien. Ce n’est pas juste d’avoir tant de personnes au chômage alors que nous avons tant de besoin de main d’œuvre à combler. Ce n’est pas juste de jeter des personnes de leurs maisons alors que nous avons beaucoup de personnes sans domicile fixe.

Nos marchés financiers ont un rôle important à jouer. Ils sont supposés allouer le capital et gérer le risque. Mais ils n’ont pas bien réparti les capitaux, et ont créé du risque. Nous sommes en train de supporter le coût de leurs erreurs. Nous vivons dans un système où les pertes sont supportées par l’ensemble de la société alors que les gains sont privatisés. Ce n’est pas le capitalisme; ce n’est pas une économie de marché. C’est une économie dénaturée, et si nous continuons comme ça, nous ne retrouverons pas la croissance économique, et ne réussirons pas à créer une société juste.»

Le professeur de droit de l’université d’Harvard, Lawrence Lessig, a égelement enjoint ses «followers» sur Twitter à rejoindre les rangs des manifestants. Il a également écrit une tribune sur le Huffington Post, comparant les indignés américains à ceux des révolutions arabes.

Slate.fr

Newsletters

Les populistes ont rendu les États européens ingouvernables

Les populistes ont rendu les États européens ingouvernables

Avec la montée des partis populistes, il est désormais particulièrement compliqué de constituer un gouvernement stable dans nombre de pays d'Europe. La Suède n'est que le dernier exemple en date.

À New York, les accouchements prématurés ont augmenté depuis l'élection de Trump

À New York, les accouchements prématurés ont augmenté depuis l'élection de Trump

En particulier chez les femmes immigrées.

Changement climatique et pluies extrêmes: ce que dit la science

Changement climatique et pluies extrêmes: ce que dit la science

La théorie, la modélisation climatique et les observations semblent tendre vers la même conclusion.

Newsletters